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  • Le groupe Carré d’Or, histoire d’un acteur industriel incontournable de la Côte d’Ivoire

    Tout commence avec l’arrivée en Côte d’Ivoire du grand frère de la famille Ibrahim Ezzedine, venu du Liban pour travailler chez des oncles déjà installés depuis les années 60. Petit à petit il  démarre sa petite boutique devenue aujourd’hui le premier groupe industriel du pays, employant entre 7 000 et 7 500 personnes.

    Il opère alors dans la vente en gros à Treinchville. A une époque où les français dominent le marché, les Ezzedine deviennent les premiers libanais à importer des marchandises en Côte d’Ivoire ; principalement de la tomate concentrée, des piles électriques, des pâtes alimentaires, du lait en poudre et du lait liquide.
    Le petit frère d’Ibrahim, et PDG actuel du groupe Carré d’Or, Zouheir Ezzedine,  arrive en 1993. Son aîné en profite pour se lancer dans la diversification des activités du groupe.
    C’est dans cette optique qu’ils créent la société SAS Transit en 1995, pour gérer les sorties de containers du port. Elle devient rapidement le plus grand importateur du pays, distribuant les produits Nestlé et Grands Moulins.
    Trois ans plus tard, le groupe lance CAPRACI (Compagnie africaine de produits alimentaires en Côte d’Ivoire), la seule usine de pâtes alimentaires en Côte d’Ivoire, avec une capacité de production de 350 tonnes par jour. Le groupe demeure un des seuls producteurs à ce jour et pense même à ajouter une nouvelle ligne de production pour augmenter son débit de 100 tonnes par jour – un projet qui verra le jour en 2018. Aujourd’hui, ses produits sont exportés au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Libéria, Sénégal et Ghana.

    Après la libéralisation du marché, le groupe se lance dans l’importation de riz en 2000 ; une initiative qui sera, elle aussi, couronnée de succès. Grâce à un partenariat avec la société Louis Dreyfus, le groupe devient, en seulement trois ans, le premier importateur de riz en Côte d’Ivoire.
    En 2005, le groupe lance CIPREMCI (Compagnie ivoirienne de production d’eau minérale en Côte d’Ivoire) à Bonoua, qui produit l’eau minérale Céleste à partir d’une source naturelle forée dans les profondeurs du pays Abouré. Suite à des investissements importants en 2007 et le renouvellement des lignes de production, la société devient le deuxième producteur d’eau minérale du pays.

    En 2006 et 2007, le groupe lance le projet des Moulins Modernes de Côte d’Ivoire, avec une capacité d’écrasement de 1 000 tonnes de blé par jour, avec deux lignes, une pour la farine tandis que l’autre mélange farine et semoule. Ils démarrent la production en Mai 2009, mais confrontés à la société des Grands Moulins d’Abidjan, il est impossible de pénétrer le marché avant de conclure un accord avec la société Abidjanaise. Aujourd’hui MMCI est le deuxième distributeur et prévoit une extension de 600 tonnes d’écrasement par jour pour arriver à 1 600 tonnes par jour. La société dispose d’une capacité de stockage de 48 000 tonnes de blé qui va atteindre les 60 000 tonnes avec l’extension.

    En 2010, le groupe rachète la société d’imprimerie et cartonnerie du Groupe Omaïs ainsi que deux autres usines qu’il fait fusionner, et se positionne ainsi comme le premier producteur de cartons de la Côte d’Ivoire.
    Le groupe démarre en 2013 un projet de production de tomates concentrées, ketchup et des conserves de petits pois qui voit le jour  début 2017.
    La même année, la société FLEPACI est créée et se  spécialise dans l’emballage cellophane. La diversification des activités du groupe les emmène à créer la société de construction immobilière SIREMA. Le groupe possède aussi des unités d’ensachage de riz (petit emballage), de lait en poudre (marque Laity), et de café (marque Olinda). Ils sont le premier importateur de lait en poudre en Côte d’Ivoire. Grâce à des opérations de rachat stratégique comme l’acquisition de la société Afribache, le groupe maîtrise la chaîne de production de A à Z de la fabrication à la vente en passant par l’emballage.

    Zouheir Ezzedine, aujourd’hui PDG du groupe, a une vision sans limites et continue d’investir et d’étendre les activités du groupe. Il prévoit la production de boissons et de jus dans un futur proche, ainsi que des produits agricoles (café, cacao, anacarde). Il reconnait le fort potentiel agricole de la Côte d’Ivoire et invite le gouvernement à encourager de plus en plus d’entrepreneurs vers ce secteur qui selon lui représente l’avenir. M. Ezzedine est un homme d’affaires exigeant avec lui-même et mais aussi envers les autorités locales dont il réclame plus d’actions car les « les coûts de production de l’électricité, des produits pétroliers et gaziers sont chers, et la main d’œuvre rare ».

    Le groupe Carré d’Or ce n’est pas seulement les affaires, mais aussi la responsabilité sociale. Il contribue activement au développement socioéconomique du pays en construisant des écoles dans les différentes régions du pays. Il a même construit aussi un nouvel hôpital aux normes européennes, « la clinique Farah » à Marcory qui dispose de 100 lits.

    L’aventure familiale n’est pas prête de s’arrêter avec l’arrivée récente des neveux fraîchement diplômés qui viennent renforcer les équipes de management pour satisfaire la vision innovatrice de Zouheir Ezzedine.

  • El arroz, pieza clave en la soberanía alimentaria en Costa de Marfil

    El arroz (Oryza sativa) es una planta esencial para el ser humano. Como detalla la FAO (Organización de Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura), el cereal es una de las mayores industrias agroalimentarias del mundo. La organización estima que en 2017 la producción se situaba en torno a los 754,6 millones de toneladas (500,8 millones de toneladas de arroz elaborado, frente a los 450 millones de 2010).

    África genera expectativas positivas en cuanto a la producción arrocera, superando en 2017 el récord de producción de 2016 en un 1%, para alcanzar los 31,1 millones de toneladas. África Occidental, gracias a las abundantes lluvias que han permitido a los productores, mediante una expansión de las siembras, rentabilizar los atractivos precios y los programas de asistencia gubernamentales, es particularmente interesante para el sector.

    El arroz es el alimento básico principal para 17 países de Asia y el Pacífico, para nueve de América y para ocho africanos, y proporciona el 20% del suministro de energía alimentaria del mundo —contra el 19% del trigo y el 5% del maíz—. En África en su conjunto, sin embargo, esta cantidad no llega al 10%, a pesar de que países como Madagascar —con casi un 50% de las calorías aportadas por este cereal— o Costa de Marfil —alrededor del 35%— destaquen por encima de la media mundial. 

    Con estos consumos tan elevados, la inversión en cultivo y en eficiencia en la producción, además de en la regulación del mercado del arroz, se antojan necesarias para el continente. En el caso concreto de Costa de Marfil, es la ONDR (Oficina Nacional de Desarrollo del Cultivo del Arroz) la entidad pública encargada de apoyar a los actores involucrados directa o indirectamente en este sector y de crear las condiciones durables para su desarrollo, con el fin último de lograr la autosuficiencia.

    La ONDR quiere lograr la autosuficiencia y que la producción sea capaz de satisfacer la demanda nacional, objetivo que espera cumplir a principios de 2018

    Para el marfileño Yacouba Dembelé, director de la ONDR, el arroz es vertebral para su país, no solo desde un punto de vista económico, sino también social: «El desarrollo en este sector no es una cuestión de producción, sino de soberanía; la escasez de producción arrocera impacta en multitud de actividades económicas accesorias, en el empleo, y puede general muchos problemas sociales». Costa de Marfil no produce tanto arroz como consume y para el gobierno del presidente Alassane Ouattara y la ONDR esto supone un problema: «El país produce actualmente 1 400 000 toneladas de arroz al año, pero consume 1 800 000».

    La situación precedente, antes de que la ONDR iniciara su plan a dos fases para garantizar la seguridad alimentaria en el sector del arroz, era muy distinta. Como desgrana Dembelé, «anteriormente los medios de transformación eran muy precarios y la falta de capacidad para absorber la producción desincentivaba a los productores. Comenzamos instalando cien puntos de transformación y pasamos de los 300 a los 10 000 kg diarios de producción». En esta la primera fase de su estrategia, la ONDR quiere lograr la autosuficiencia y que la producción sea capaz de satisfacer la demanda nacional, objetivo que espera cumplir a principios de 2018 cuando culmine la construcción de 30 nuevas plantas de transformación, con capacidades de 25 000 kg por día. «Desde que comenzamos la instalación de estas plantas, hemos doblado la producción en algunas regiones porque los agricultores tienen la garantía de que su producción va a ser absorbida y de que verán sus esfuerzos y su trabajo recompensados», añade Dembelé.  

    Además de el aumento de la capacidad transformadora, un reto añadido al sector corresponde a la adaptación al cambio climático. Como comenta el responsable de la ONDR, «Costa de Marfil solo cuenta con un 20% de cultivo de arroz irrigado. Un 70% es cultivo de secano, dependiente de las lluvias estacionales, y otro 10% por inundación». Para Dembelé, estas cifras dejan clara la vulnerabilidad del sector ante un régimen de lluvias cambiante e imprevisible. ¿La solución?: «Debemos invertir en infraestructura, en presas, en canalizaciones, y para ello necesitamos la experiencia de países punteros en sectores como el arroz, el de las infraestructuras o el de la ingeniería, como es España», país cuyas empresas ya han intervenido en infraestructuras hidráulicas en Costa de Marfil, aunque muy por debajo de su potencial.  

    La mecanización es otro de los retos de la oficina, para lo que se ha establecido un centro de mecanización para reducir costes y poner a disposición de los productores maquinaria accesible y de calidad, además de otros productos como semillas y fertilizantes para aumentar la producción.  

    La segunda pata de la estrategia de la ONDR es el almacenamiento. La oficina está en conversaciones con la India para colaborar en un proyecto que busca ampliar el número de silos en Costa de Marfil para, al acumular mayor grano, garantizar la oferta y poder reaccionar antes catástrofes o calamidades, además de poder influir sobre la oferta de arroz y sobre su precio. Según Dembelé, este objetivo será realidad en 2018.

    «España tiene que tener un papel más activo en el desarrollo de la industria arrocera marfileña» 

    Con la estructura de producción actual, lograr las dos cosechas anuales que ansía la ONDR sería inviable y Costa de Marfil tendría que conformarse con la única cosecha anual actual, sometida a los condicionantes climáticos que ponen en riesgo la soberanía y la seguridad alimentaria del país.

    Para evitarlo, la oficina se concentra en la inversión en irrigación e infraestructura hidráulica, y ve en España un ejemplo a seguir y un socio de futuro. Dembelé no duda en nombrar un proyecto de la FAO, financiado por España, por el que se han creado sinergias entre productores, transformadores y distribuidores —actores que hasta ahora vivían de espaldas el uno del otro—, permitiendo aumentar la producción en algunas áreas en más del 700%. Este proyecto constituye una buena práctica que está siendo replicada en la región.

     Pero, para Dembelé, España tiene que tener un papel más activo en el desarrollo de la industria arrocera marfileña, «tiene que aprovechar su experiencia y no dejar pasar las oportunidades, tanto en la adquisición de maquinaria como en transformación o en construcción de infraestructuras, que se abren en Costa de Marfil. Y sentencia: «Ahora es el momento».

     

    Por Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

  • Le riz, pièce maitresse de l’autosuffisance alimentaire ivoirienne

    Le riz (Oryza sativa) est une plante essentielle pour l’être humain. Comme le signifie la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les céréales représentent l’une des plus grandes industries agroalimentaires du monde. L’organisation estime qu’en 2017 la production s’élevait autour des 754,6 millions de tonnes (500,8 millions de tonnes de riz élaboré, contre 450 millions en 2010).

    L’Afrique génère des attentes positives en termes de production de riz, dépassant en 2017 le record de production de 2016 d’1% pour atteindre les 31,1 millions de tonnes. L’Afrique de l’Ouest, est intéressante à étudier pour le secteur car les pluies abondantes ont permis aux producteurs l’expansion des plantations, notamment grâce à des programmes d’aide gouvernementale et aux prix rentables et attrayants.

    Le riz est le principal aliment de base dans dix-sept pays d’Asie et du pacifique, dans neuf pays en Amérique et huit pays Africains, et fournit 20% de l’approvisionnement énergétique mondial contre 19% de blé et 5% de maïs. Sur l’ensemble du continent Africain, ce montant n’atteint pas 10% bien que des pays comme Madagascar avec près de 50% des calories apportées par cette céréale, ou la Côte d’Ivoire autour des 35%, se démarquent au-dessus de la moyenne mondiale.

    Avec ces fortes consommations, l’investissement dans la production et l’augmentation de la productivité ainsi que la régulation du marché du riz semblent nécessaires pour le continent. Dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire, c’est l’ONDR (Office nationale du véveloppement de la riziculture), une entité publique qui est chargée de soutenir les acteurs impliqués de façon directe ou indirecte dans ce secteur et de créer les conditions durables pour son développement en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

    L’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018

    Selon Mr. Yacouba Dembélé, Directeur Général de l’ONDR, le riz est l’épine dorsale de son pays, non seulement d’un point de vue économique mais aussi social : « Le développement dans ce secteur n’est pas une question de production, sinon de souveraineté. La pénurie de production de riz a un impact sur plusieurs activités économiques accessoires, sur l’emploi, et peut générer de nombreux problèmes sociaux ». La Côte d’Ivoire ne produit pas autant de riz qu’elle en consomme. « Le pays produit actuellement 1 400 000 tonnes de riz par an mais en consomme 1 800 000 », ce que pour le Gouvernement du Président Alassane Ouattara et pour l’ONDR est un problème qu’il faut remédier.

    La situation antérieure avant que l’ONDR initie son plan à deux phases pour garantir la sécurité alimentaire dans le secteur du riz était très différente. Selon M. Dembelé, « auparavant, les moyens de transformation étaient très précaires et le manque de capacité à absorber la production décourageait les producteurs. Nous avons commencé par installer cent points de transformation et nous sommes passés de 300 à 10 000 kg de riz par jour en matière de production ». Dans cette première phase de sa stratégie, l’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018 avec la construction des 30 nouvelles usines de transformation, d’une une capacité de 25000 kg par jour. « Depuis que nous avons mis en place ces usines, nous avons doublé la production dans certaines régions parce que les agriculteurs ont la garantie que leurs productions seront absorbées et qu’ils verront leurs efforts et leur travail récompensés » ajoute M. Dembélé.

    En plus de l’augmentation de la capacité de transformation, le défi auquel fait face le secteur est l’adaptation au changement climatique. Et comme l’argumente le directeur général de l’ONDR : « la Côte d’Ivoire ne dispose que de 20% de riziculture irriguée. Les 70% sont des cultures pluviales, dépendant des pluies saisonnières, et 10% de plus par inondation. Pour Mr Dembélé, ces chiffres nous éclairent sur la vulnérabilité du secteur face à un régime pluviométrique changeant et imprévisible. Lorsqu’on lui demande des solutions il nous fait savoir qu’on « doit investir dans les infrastructures, les barrages, les canalisations et pour cela nous avons besoin de l’expertise de pays comme l’Espagne, leader dans les secteurs du riz, des infrastructures ou de l’ingénierie ». D’ailleurs des entreprises espagnoles sont déjà intervenues dans les infrastructures hydrauliques en Côte d’Ivoire qui sont bien loin de leur potentiel.

    La mécanisation est un autre défi de l’ONDR pour lequel a été mis en place un centre de mécanisation pour réduire les coûts et mettre à disposition des producteurs des machines accessibles et de qualité, ainsi que d’autres produits tels que des semences et des fertilisants pour augmenter la production.

    La deuxième étape de la stratégie de l’ONDR est le stockage. L’office est en pourparlers avec l’Inde pour une collaboration dans un projet visant à augmenter le nombre de silos en Côte d’Ivoire pour accumuler plus de céréales, garantir l’approvisionnement et pouvoir réagir face aux catastrophes ou calamités. En outre, selon M. Dembélé l’ONDR pourrait avoir de l’influence sur l’offre du riz et sur son prix, cet objectif sera une réalité en 2018.

    L’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne

    Avec la structure de production actuelle, réaliser les deux récoltes annuelles souhaitées par l’ONDR serait irréalisable et la Côte d’Ivoire devrait se contenter de la seule récolte annuelle actuelle, sous réserve des conditions climatiques qui mettent en péril la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays.

    Pour éviter cela, l’ONDR se concentre sur l’investissement dans l’irrigation et les infrastructures hydrauliques, et considère l’Espagne comme un exemple à suivre et un futur partenaire. Yacouba Dembelé n’hésite pas à nommer un projet de la FAO, financé par l’Espagne, où des synergies ont été créées entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs – des acteurs qui, jusqu’à présent, vivaient sans échanger d’information – permettant d’accroître la production dans certaines régions à plus de 700%. Ce projet constitue une bonne pratique qui est reproduite dans la région.

    Mais pour Yacouba Dembelé, l’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne, “elle doit profiter de son expérience et ne pas laisser passer les opportunités, à la fois dans l’acquisition de machines et dans la transformation ou la construction d’infrastructures qui se réalisent en Côte d’Ivoire. Et conclut: «C’est le moment».

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex