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  • Mathurin Bangoura, Gouverneur et Président du Conseil de la Ville de Conakry: «Les entreprises espagnoles inscrites dans les priorités nationales guinéennes sont les bienvenues»

    La Guinée c’est un pays avec un grand potentiel pour devenir une des économies majeures de la sous-région. Selon vous, quels sont les atouts et le potentiel inexploité que la République de Guinée a à offrir aux investisseurs internationaux et, notamment, espagnoles?

    La Guinée est un pays immensément riche avec des ressources naturelles, minières, touristiques et halieutiques importantes. La Guinée a les deuxièmes réserves mondiales de bauxite, des gisements importants de fer et d’or mais aussi avec des besoins énormes en infrastructures (routes, ponts, édifices publics, voies ferrées…), en formation ou encore d’accès à la santé pour les populations. Ce sont des opportunités importantes pour le secteur privé et celui espagnole en particulier avec des savoir-faire en BTP, hôtellerie ou encore dans différents services. Aujourd’hui, il y a une volonté de l’État de valoriser le potentiel économique du pays au bénéfice des populations.  En plus de cette volonté, l’accompagnement des investisseurs est facilité par le cadre légal, la mobilisation des ministères techniques et de l’Agence de promotion des investissements privés (APIP)

    Suite à l’expression de la volonté ferme du Ministre des Affaires étrangères espagnol, M. Alfonso Dastis, de renforcer les liens avec les pays africains, matérialisé au prochain lancement d’un nouvel Plan Afrique, les entreprises espagnoles s’intéressent de plus en plus à l’Afrique. A votre avis, quel genre d’apport les investisseurs espagnols pourraient avoir dans le développement de la République de Guinée?

    Je laisserai le soin aux ministres concernés en charge des Affaires étrangères, du Plan, des Partenariats public-privé de vous fournir de larges informations sur les besoins de la Guinée en termes d’investissements étrangers. Néanmoins, pour avoir été ministre à plusieurs reprises, aujourd’hui Gouverneur et Président du Conseil de Ville de Conakry, je vous dirai simplement que la Guinée a besoin d’investissements étrangers tant les opportunités sont importantes pour la valorisation de son potentiel économique. Dans cet objectif, les entreprises espagnoles sont les bienvenues à condition, comme toutes les autres, de s’inscrire dans les priorités nationales guinéennes, de travailler pour des partenariats gagnant-gagnant, mais aussi de procéder à des transferts de techniques et de technologies par le biais notamment de la formation et du renforcement des capacités locales

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    Mathurin Bangoura, à droite, Gouverneur et Président du Conseil de la Ville de Conakry.

    Sous la présidence de Son Excellence le Professeur Alpha Condé le pays a fait de grands progrès au niveau de la démocratisation et de la stabilité, ce que favorise et encourage investissements étrangers. Quels sont les plans de la ville de Conakry, sous votre leadership, pour profiter au maximum de cette étape inaugurée par la présidence de Alpha Condé?

    Que le pays se porte mieux, il est évident que c’est une bonne nouvelle pour toutes les institutions publiques et privées mobilisées pour son développement dont le Gouvernorat de la Ville de Conakry. De par nos compétences décentralisées, la Ville de Conakry a son programme de développement pour rendre Conakry, plus sure, plus verte et plus saine. Tout cela se passe en cohérence avec les initiatives nationales. Nous échangeons régulièrement avec les autorités nationales pour trouver de la cohérence et de la synergie d’action. Ce n’est pas toujours simple, mais le Gouvernorat œuvre au quotidien, par exemple, pour que la paix règne dans la ville et, à chaque fois que nous recevons de potentiels partenaires de la Guinée, nous les accompagnons dans les limites de nos prérogatives et moyens. 

    Conakry est la capitale administrative et politique du pays. En 2018, l’agglomération, en croissance constante, compte près de 2 millions d’habitants, ce qui en fait la plus importante ville du pays. Parmi les défis à relever se trouvent, notamment, la salubrité, l’accès à l’eau et le transport. Quelles sont les principales avancées dans ces secteurs sous votre autorité ? Quelle est votre stratégie pour permettre à Conakry de rattraper le rythme global de développement urbain?

    Commençons par dire que la Ville de Conakry jouit d’un statut particulier dans le cadre des lois de la décentralisation en Guinée. En tant que Gouverneur et Président du Conseil de Ville, je suis à la fois représentant de l’État et des populations, c’est à dire, en charge de veiller sur la mise en œuvre des politiques publiques nationales mais aussi de répondre aux préoccupations de proximité des populations. La ville a, dans le cadre de l’exercice de ses compétences décentralisées, des responsabilités locales et, à ce titre, développe un programme d’activités où les questions de salubrité, de transport, de sécurité de proximité, d’accès à divers services publics figurent en bonne place. 

    La circulation est beaucoup plus fluide à Conakry, des espaces aménagés fleurissent, il y a un corps de garde communale fonctionnelle et diverses infrastructures publiques construites (commissariat, bâtiments administratifs…). Ces différentes actions font partie d’une stratégie globale qui commence par la définition d’un programme d’actions validé et la mobilisation des partenaires de la ville (entreprises, institutions publiques, ONG…). Nous travaillons beaucoup en partenariats publics – privés et améliorons notre système de fonctionnement pour mobiliser davantage de recettes pour faire face à nos charges en constante évolution. Nous initions aussi des initiatives, et le projet « Conakry Ville Lumière » est illustratif à cet effet avec l’illumination, l’embellissement et l’organisation de différentes activités récréatives à la fin de chaque année à Conakry. Nous accompagnons aussi l’État dans différents projets d’aménagement urbain  comme le réaménagement de la commune de Kaloum et des Îles de Loos ou, encore, de « Conakry Vision 2040 ».

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    Projet « Conakry Ville Lumière ».

    Conakry capitale mondiale du livre 2017, événement organisé par l’UNESCO, contribue à améliorer l’image du pays à l’international et à disséminer les activités culturelles en Guinée, permettant aussi de montrer la riche culturelle de ce pays. La visibilité est vitale pour placer sur la carte les villes et les pays et, ainsi, attirer des investisseurs et autres visiteurs. Quel est le bilan pour la ville de Conakry de cet événement international ? 

    Il est vraiment très tôt pour parler de bilan de cet évènement mondial qui est annuel et en cours. Conakry capitale mondiale du livre, s’organise du 23 avril 2017 au 22 avril 2018. Des activités sont en cours avec la construction de points de lecture, la réception de multiples délégations étrangères (diplomates, hommes de lettres et de cultures, citoyens engagés…), la sortie d’ouvrages d’auteurs guinéens et d’ailleurs, et la mise en œuvre de projets portés par différentes structures associatives, notamment de jeunes. Conakry a déjà gagné car, pour la première fois, ce label est décerné à une ville francophone d’Afrique avec toutes les opportunités offertes pour parler de Conakry et de la Guinée. Je voudrais vraiment remercier tous ceux qui sont impliqués dans cette aventure, notamment le Commissariat Général, et nous donnons rendez-vous à votre journal dans quelques mois pour le bilan. Pour rappel, la prochaine ville à bénéficier du label pour 2018 est Athènes, en Grèce. 

    M. Bangoura, Gouverneur aujourd’hui, vous avez été en charge de plusieurs départements ministériels (Transport, Habitat, Télécommunications). Quelles sont vos principales réussites et quels éléments vous ont-il permis de vous imposer en leader ? 

    Disons que l’action publique demeure toujours très complexe tant la réussite dépend de multiples facteurs. Comme acquis, on peut citer l’interconnexion entre opérateurs de téléphonie, la réalisation de la Cité de Sans-fil, la mise en circulation du train de passagers à Conakry, la contribution à la mise en place de plusieurs structures de l’État, dont l’Agence de régulation des postes et télécommunications (ARPT), la construction du bloc administratif et l’aménagement de la cour du Ministère des Transports… Ces sont quelques unes des actions qui ont permis de marquer mon passage dans ces différents ministères. Je cois au travail bien fait et je vais toujours au contact des réalités du terrain pour m’enquérir au mieux des difficultés, pour aller vers des approches de solutions les plus innovantes possibles. 

    eBiz Africa Review est un lien entre le continent africain et l’Europe qui permet de transmettre une information de première main aux investisseurs et visiteurs, particulièrement hispanophones. Quel message final voulez-vous leur adresser sur la Guinée et sur la ville de Conakry afin de les encourager à venir faire des affaires et investir ici ?

    La Guinée est un pays qui a fort potentiel et qui a entrepris d’importantes réformes pour améliorer le cadre des investissements, avec la création d’un Ministère en charge des Partenariats public-privés et une Agence de promotion des investissements privés (APIP). Notre pays a besoin des IDE (investissements directs étrangères) pour valoriser ses ressources au service du développement et les entreprises espagnoles (et au-delà, hispaniques) ont toute leur place dans cette voie que la Guinée s’est tracée à travers la mise en œuvre de son Plan national de développement économique et social. C’est ce message d’espoir et d’ouverture aux investisseurs hispaniques que je lance aujourd’hui tout en réitérant la disponibilité de l’État, des collectivités locales et du secteur privé guinéen à jouer son rôle dans le développement d’opportunités en Guinée.  

    Par Alejandro Dorado Nájera et Izabella Jaworska.

  • Raphaël Benatar Leitman, director general de Eurofinsa: «Va a haber un desarrollo masivo de infraestructuras en África y los españoles tenemos muchísimo que aportar»

    La empresa española está empezando a poner sus ojos en África, el continente que más oportunidades de crecimiento ofrece en diversos sectores como las infraestructuras o la energía. Sin embargo, existen algunas empresas españolas que llevan instaladas en el contienente desde hace ya varias décadas. Una de estas empresas pioneras es EUROFINSA, grupo líder en el desarrollo de obras públicas, implementación de proyectos de construcción y equipamiento integral que trabaja con instituciones públicas o privadas de Europa, América y África desde hace más de 40 años y que cuenta con un equipo humano de más de 5 700 empleados.

    Su trabajo y experiencia en el continente pueden servir de ejemplo y quitamiedos para el sector privado español en África, un mercado por el que, como nos cuenta el director general de EUROFINSA, Raphaël Benatar Leitman, en esta entrevista, hay que invertir pensando en la sostenibilidad a la largo plazo:

    Para comenzar con la entrevista, nos gustaría que nos diese una visión global de su compañía. Por su lema «construyendo el futuro» podemos adivinar que una de sus grandes líneas de actuación son las infraestructuras, pero EUROFINSA va más allá: ¿Qué es EUROFINSA, cuáles son sus sectores de actuación y cómo se estructura la empresa?

    Eurofinsa es un grupo que durante 40 años ha aglutinado la experiencia de diferentes empresas en un gran número de países centrándose sobre todo, como decías, en el ámbito de las infraestructuras. Nos centramos principalmente en Obras Públicas en las que podemos intervenir en la financiación, diseño, construcción, equipamiento, operación y mantenimiento. 

    En cuanto a los sectores resaltaría la obra civil, edificación, agua, salud y energía.

    La obra civil incluye carreteras, puertos —como el de Açu, en Río de Janeiro, Brasil—, puentes o aeropuertos. La edificación incluye viviendas sociales, embajadas, terciario  u hospitales. 

    En cuanto al Agua, estamos muy interesados en todo aquello que tenga que ver con el ciclo integral del agua, especialmente en África, desde distribución y abastecimiento hasta EDAR (estaciones depuradoras de aguas residuales) o ETAP (estaciones de tratamiento de agua potable). 

    En cuanto al   sector Salud, estamos especializados en equipamiento médico, diseño, construcción y explotación de hospitales asumiendo todas las funciones propias del día a día y sometiéndonos a los altos pero lógicos estándares de calidad que exigen las instituciones públicas para ejercer estas tareas. En cuanto al equipamiento y a la operación podemos hacerla para nosotros mismos o para terceros. 

    Además, estamos profundizando mucho en sectores de futuro como el la energía, especialmente las energías renovables, sector en el que ya estamos presentes.

    Eurofinsa trabaja principalmente  “llave en mano” y “concesión” entre otros, si bien en el caso que nos ocupa, África, es más común trabajar “llave en mano”.  Eurofinsa promueve y utiliza fuentes de financiación procedentes de acuerdos bilaterales entre los países exportadores y compradores y financiación internacional privada. También la financiación proviene de acuerdos con organismos multilaterales como el Banco Mundial, Naciones Unidas la Unión Europea o también la OPIC (Overseas Private Investment Corporation) de los Estados Unidos, entre otros. Los acuerdos de financiación procedentes de Francia, Reino Unido y EEUU se unen desde hace ya años y cada vez con más fuerza a los ya existentes a nivel nacional e internacional.

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    Puerto de Açu, en Río de Janeiro, Brasil, construído por EUROFINSA.

    EUROFINSA es una empresa internacional y multisectorial, como nos ha contado, implantada en muchos países de lugares como África, y África Subsahariana en especial, en donde a las empresas españolas les cuesta establecerse. ¿Cómo empezó la implantación de la empresa en África? ¿Qué les hizo fijarse en el continente?

    Eurofinsa lleva décadas en África. La visión de nuestro fundador y Presidente en saber unir las grandes necesidades de infraestructuras en el continente con la habilidad para financiarlas y una calidad técnica de ejecución de primer nivel, en mi opinión, han sido las claves de la implantación del exitosa del Grupo en África.

    Entiendo que lo que le llevó a África, fue lo mencionado anteriormente, necesidad de infraestructuras, fuerte crecimiento y desarrollo de muchos países, existencia de importantes fuentes y acuerdos de financiación públicos y privados así como el creciente desarrollo humano que permite cada vez más una profunda implantación local.

    España tiene poca presencia inversora o exportadora en África Subsahariana. En una entrevista con Antonio Bonet, presidente del Club de Exportadores e Inversores Españoles, nos comentaba que parte de la culpa la tiene la falta de conocimiento sobre el continente. ¿Cómo superar esa barrera y motivar que las empresas españolas inviertan en África?

    En España, hasta hace 10 años, ha habido mucho trabajo por eso muchas empresas  no han visto la necesidad de salir fuera y muchas de ellas se han empezado a internacionalizar tarde. Cuando, debido a la crisis, la necesidad hizo aventurarse fuera a muchas empresas, lo más fácil era Latinoamérica. Dicho esto, sin olvidar que las grandes empresas españolas llevan ya muchas décadas siendo líderes en diversos sectores de actividad (entre ellos construcción) en América Latina.

    Nosotros, que estamos muy presentes en África, nos encontramos a pocos competidores españoles y, aunque cada vez nos encontramos a más, para muchos África es muy lejana y ajena psicológicamente. Eurofinsa nunca le ha tenido miedo, nos apasiona y entendemos que hemos ido, ya hace años, para quedarnos y que el éxito a corto plazo no existe hablando de infraestructuras. A pesar de la barrera cultural (que para nosotros no lo es tal), hay que aprovechar el crecimiento que está por llegar, con cabeza y paciencia, eligiendo bien los países y los proyectos. En este sentido, hay que saber que los tiempos son diferentes, el mercado cada vez es más competitivo, el cliente más sofisticado y los equipos técnicos de los que se nutren los clientes más potentes, lo cual también es una ventaja. 

    Según su visión, ¿cuáles considera que son los mayores desafíos u obstáculos a los que se enfrenta la empresa española para exportar e invertir en África? ¿Hasta qué punto recibe la empresa española apoyo del Estado para aumentar su presencia en África?

    Al llevar tantos años trabajando en África, se nos considera locales, aunque la propiedad sea española. En este sentido, o tenemos socios locales en los sitios a los que vamos o los locales somos nosotros, porque lo somos. Hay que tener claro que es un negocio a largo plazo y que todo tiene un proceso. Para que un país sea atractivo, tiene que poderse financiar bien internacionalmente, tiene que tener un marco jurídico serio o por lo menos unas reglas claras, y potencial de crecimiento. Cuando todo cuadra, es cuestión de trabajo y paciencia.

    Como empresa española, afortunadamente contamos con el apoyo tanto de las oficinas comerciales, como de las embajadas y otras instituciones como el Fondo para la Internacionalización de la Empresa (FIEM), el CESCE o el propio Ministerio de Economía, Industria y Competitividad.

    El CESCE apoya a las empresas españolas y aporta soluciones. Son exigentes en cuanto al porcentaje de bienes y servicios españoles que tiene que haber, pero estamos muy contentos de poder exportar a África.

    Los créditos FIEM también han jugado un papel muy importante. Hablamos en este caso de condiciones que los bancos comerciales nunca darían para financiar infraestructuras. 

    China e India son competidores muy duros y vienen otros países y grupos con muchísima fuerza, lo que implica que necesitemos más ayudas y por ello el apoyo a nuestras empresas siempre será bienvenido. 

    Ustedes han desarrollado proyectos de gran importancia para los países en dónde están presentes como el equipamiento hospitalario de la red de hospitales de Ghana. ¿Cuáles son los proyectos que están llevando en la actualidad en África de los que se siente más orgulloso y cree que tendrán mayor impacto?

    En Níger o en Chad hay proyectos desafiantes debido al nivel de calidad y la exigencia por parte del cliente, con el añadido de que muchos bienes o equipamientos no existen ahí y hay que llevarlos desde España. Son muy interesantes también los proyectos en Lusaka (Zambia), Jebba (Nigeria), Yaundé (Camerún), Conakry (Guinea) y Accra (Ghana). 

    Además, hemos hecho proyectos de todo tipo: de agua en Angola, Senegal, Mozambique, almacenes de frio en Cabo verde; presas en Nigeria, carreteras en Gabón y puentes en Angola.

    Entre nuestros  objetivos en el continente está profundizar en Zambia, Ghana, Nigeria así como en los países francófonos. Por otro lado, no ocultamos nuestro interés en Kenia (donde ya estamos presentes) y Tanzania por ejemplo. 

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    Estación de bombeo de aguas residuales en Keur Massar, Senegal.

    Eurofinsa da una importancia especial a las acciones de responsabilidad social corporativa. ¿Puede decirnos qué tipo de actividades llevan a cabo en este sentido desde un punto de vista tanto social como ambiental?

    Tenemos muy claro que nuestro trabajo tiene que dejar huella y Eurofinsa también se preocupa por el bienestar a largo plazo de las poblaciones de los países donde desarrollamos nuestro trabajo. En general, todas las obras llevan consigo proyectos de responsabilidad social corporativa (RSC) si bien ya de por sí, son obras cuyo impacto positivo en la calidad de vida es inmediato. 

    Uno de los proyectos de los que estamos más orgullosos es el que estamos llevado a cabo en Perú. En los complejos hospitalarios que construimos y gestionamos, estamos incorporando personal discapacitado en nuestros call center, entre otras áreas. Tambien les apoyamos en su formación para que tengan la oportunidad de ascender durante toda su vida profesional. Teniendo en cuenta todo el trabajo que queda por hacer en este sentido en Perú, nos enorgullece ser los pioneros en luchar por esta causa. 

    En Bolivia, por ejemplo, nuestra obra civil actual es una carretera y estamos haciendo mucho hincapié en la educación en medidas de seguridad vial para evitar accidentes. Recientemente y debido a las intensas lluvias que han provocado numerosas inundaciones, estamos aportando ayuda humanitaria a las zonas implicadas.

    En nuestra RSC tiene mucho protagonismo Latinoamérica, pero también desarrollamos muchos proyectos en África, con varias acciones sociales. Por esta razón, quisimos colaborar en Ghana a raíz de un proyecto de agua. Se llegó a un acuerdo con la ONG «Universal Wonderful Street Academy», en la cual llegamos a un acuerdo para proveer a la organización de dos camiones cisterna de agua potable al mes, durante todo este año 2017 y apoyo escolar aparte.  Con ello permitimos que los niños reciban una buena educación, con un material suministrado por nosotros, y favoreciendo el acceso al agua. También hemos regalado autobuses a organizaciones no gubernamentales para el transporte de niños a los colegios. 

    Cada proyecto lleva consigo aparejadas acciones de RSC y estamos orgullosos de pertenecer al Pacto Mundial de Naciones Unidas con lo que todo ello implica.

    EUROFINSA comenzó su actividad hace más de 40 años. ¿Cuáles son los planes y objetivos de la empresa para el futuro? ¿por qué países o sectores van a apostar?

    Más que incrementar el número de países en los que estamos presentes, que ya son 32, nuestro objetivo es ganar profundidad en ellos. Nuestro objetivo es seguir haciendo lo que hemos hecho hasta ahora: seguir construyendo carreteras, edificios, puentes y hospitales, acompañando el desarrollo local. 

    En cuanto a los sectores, siempre nos ha gustado mucho el de la energía y hemos trabajado mucho en ello, nos gustaría profundizar más en renovables. En este sentido y para este tipo de energías, más que países estamos identificando tecnología, dotándonos de todo lo que tiene que tener una empresa para poder ser líder en este sector. 

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    Presa de Jebba, Nigeria.

    ¿Qué diferencia a EUROFINSA de otras empresas del sector?

    Quizás la mayor diferencia esté en nuestro propio lema «building the future» (construyendo el futuro). Es el elemento que nos diferencia con respecto al resto de constructoras: nos quedamos para contribuir con el progreso económico de cada país, pensando en el futuro y a largo plazo. En lugar de tener una estrategia por empresa, como algunos competidores, tenemos una por país, sin dejar de ser un grupo español. 

    Según su experiencia, ¿cuál sería su mensaje para un inversor español que se esté planteado invertir en África?

    Las empresas españolas de infraestructuras, es decir, el tejido empresarial español es de primer nivel. Tanto los profesionales, como la experiencia adquirida, así como los conocimientos están entre los mejores a nivel mundial. Lo que hay que entender, insisto, es que si ya de por si el sector de las infraestructuras es una empresa a largo plazo, lo es todavía más en África. Es también muy importante invertir en formación del personal ya que hay mucha gente capaz y muy dispuesta a salir adelante. Va a haber un desarrollo masivo de infraestructuras en África en los próximos años y los españoles tenemos muchísimo que aportar, teniendo claro que cuando nos casamos con un país es para siempre. 

    Por Alejandro Dorado Nájera y Yolanda Moreno Bello. 

  • Grupo Carré d’Or, la historia de un actor industrial ineludible en Costa de Marfil

    Otro paso más en la diversificación se da en 2013, con la puesta en marcha de un proyecto de producción de salsa de tomate concentrado, kétchup y conservas de guisantes que termina materializándose en 2017.
    Prosigue la diversificación y ese mismo año nace la sociedad FLEPACI, especializada en embalajes de celofán y la empresa de construcción inmobiliaria SIREMA. El grupo posee también unidades de embalaje de leche en polvo de la marca Laity —producto del que son los primeros importadores del país—, de café Olinda o de arroz. Gracias a adquisiciones estratégicas, como la de la sociedad de embalaje Afribache, el conglomerado domina la cadena de producción de la A la Z: la fabricación, la venta o el embalaje.

    La visión a largo plazo de Zouheir Ezzedine, hoy director general, para el grupo, consiste en extender más aún sus actividades. Dentro de sus planes está la elaboración de zumos y otras bebidas o productos agrícolas como el café, el cacao o en anacardo. Zouheir reconoce el gran potencial agrícola del país e invita al gobierno a motivar a los empresarios a invertir en un sector que, según él, representa el futuro. Hombre de negocios exigente consigo mismo y con sus gobernantes, Zouheir les reclama liderazgo porque, como asegura, «los costes de producción de electricidad, de los derivados del petróleo y del gas son caros y la mano de obra cualificada difícil de encontrar».

    El grupo Carré d’Or no solo atiende a sus negocios sino que es sensible y responsable socialmente. Contribuye activamente al desarrollo socioeconómico de Costa de Marfil construyendo escuelas en las diferentes regiones del país y ha incluso levantado un nuevo hospital, Clínica Farah, en Marcory, que cuenta con 100 camas.

    Esta aventura familiar está lista para continuar con la llegada de las nuevas generaciones de diplomados que vienen a reforzar los equipos de gestión de la empresa para satisfacer la visión de futuro de Zouheir Ezzedine.

    Por Niousha Bayat.

  • Le groupe Carré d’Or, histoire d’un acteur industriel incontournable de la Côte d’Ivoire

    Tout commence avec l’arrivée en Côte d’Ivoire du grand frère de la famille Ibrahim Ezzedine, venu du Liban pour travailler chez des oncles déjà installés depuis les années 60. Petit à petit il  démarre sa petite boutique devenue aujourd’hui le premier groupe industriel du pays, employant entre 7 000 et 7 500 personnes.

    Il opère alors dans la vente en gros à Treinchville. A une époque où les français dominent le marché, les Ezzedine deviennent les premiers libanais à importer des marchandises en Côte d’Ivoire ; principalement de la tomate concentrée, des piles électriques, des pâtes alimentaires, du lait en poudre et du lait liquide.
    Le petit frère d’Ibrahim, et PDG actuel du groupe Carré d’Or, Zouheir Ezzedine,  arrive en 1993. Son aîné en profite pour se lancer dans la diversification des activités du groupe.
    C’est dans cette optique qu’ils créent la société SAS Transit en 1995, pour gérer les sorties de containers du port. Elle devient rapidement le plus grand importateur du pays, distribuant les produits Nestlé et Grands Moulins.
    Trois ans plus tard, le groupe lance CAPRACI (Compagnie africaine de produits alimentaires en Côte d’Ivoire), la seule usine de pâtes alimentaires en Côte d’Ivoire, avec une capacité de production de 350 tonnes par jour. Le groupe demeure un des seuls producteurs à ce jour et pense même à ajouter une nouvelle ligne de production pour augmenter son débit de 100 tonnes par jour – un projet qui verra le jour en 2018. Aujourd’hui, ses produits sont exportés au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Libéria, Sénégal et Ghana.

    Après la libéralisation du marché, le groupe se lance dans l’importation de riz en 2000 ; une initiative qui sera, elle aussi, couronnée de succès. Grâce à un partenariat avec la société Louis Dreyfus, le groupe devient, en seulement trois ans, le premier importateur de riz en Côte d’Ivoire.
    En 2005, le groupe lance CIPREMCI (Compagnie ivoirienne de production d’eau minérale en Côte d’Ivoire) à Bonoua, qui produit l’eau minérale Céleste à partir d’une source naturelle forée dans les profondeurs du pays Abouré. Suite à des investissements importants en 2007 et le renouvellement des lignes de production, la société devient le deuxième producteur d’eau minérale du pays.

    En 2006 et 2007, le groupe lance le projet des Moulins Modernes de Côte d’Ivoire, avec une capacité d’écrasement de 1 000 tonnes de blé par jour, avec deux lignes, une pour la farine tandis que l’autre mélange farine et semoule. Ils démarrent la production en Mai 2009, mais confrontés à la société des Grands Moulins d’Abidjan, il est impossible de pénétrer le marché avant de conclure un accord avec la société Abidjanaise. Aujourd’hui MMCI est le deuxième distributeur et prévoit une extension de 600 tonnes d’écrasement par jour pour arriver à 1 600 tonnes par jour. La société dispose d’une capacité de stockage de 48 000 tonnes de blé qui va atteindre les 60 000 tonnes avec l’extension.

    En 2010, le groupe rachète la société d’imprimerie et cartonnerie du Groupe Omaïs ainsi que deux autres usines qu’il fait fusionner, et se positionne ainsi comme le premier producteur de cartons de la Côte d’Ivoire.
    Le groupe démarre en 2013 un projet de production de tomates concentrées, ketchup et des conserves de petits pois qui voit le jour  début 2017.
    La même année, la société FLEPACI est créée et se  spécialise dans l’emballage cellophane. La diversification des activités du groupe les emmène à créer la société de construction immobilière SIREMA. Le groupe possède aussi des unités d’ensachage de riz (petit emballage), de lait en poudre (marque Laity), et de café (marque Olinda). Ils sont le premier importateur de lait en poudre en Côte d’Ivoire. Grâce à des opérations de rachat stratégique comme l’acquisition de la société Afribache, le groupe maîtrise la chaîne de production de A à Z de la fabrication à la vente en passant par l’emballage.

    Zouheir Ezzedine, aujourd’hui PDG du groupe, a une vision sans limites et continue d’investir et d’étendre les activités du groupe. Il prévoit la production de boissons et de jus dans un futur proche, ainsi que des produits agricoles (café, cacao, anacarde). Il reconnait le fort potentiel agricole de la Côte d’Ivoire et invite le gouvernement à encourager de plus en plus d’entrepreneurs vers ce secteur qui selon lui représente l’avenir. M. Ezzedine est un homme d’affaires exigeant avec lui-même et mais aussi envers les autorités locales dont il réclame plus d’actions car les « les coûts de production de l’électricité, des produits pétroliers et gaziers sont chers, et la main d’œuvre rare ».

    Le groupe Carré d’Or ce n’est pas seulement les affaires, mais aussi la responsabilité sociale. Il contribue activement au développement socioéconomique du pays en construisant des écoles dans les différentes régions du pays. Il a même construit aussi un nouvel hôpital aux normes européennes, « la clinique Farah » à Marcory qui dispose de 100 lits.

    L’aventure familiale n’est pas prête de s’arrêter avec l’arrivée récente des neveux fraîchement diplômés qui viennent renforcer les équipes de management pour satisfaire la vision innovatrice de Zouheir Ezzedine.

  • El arroz, pieza clave en la soberanía alimentaria en Costa de Marfil

    El arroz (Oryza sativa) es una planta esencial para el ser humano. Como detalla la FAO (Organización de Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura), el cereal es una de las mayores industrias agroalimentarias del mundo. La organización estima que en 2017 la producción se situaba en torno a los 754,6 millones de toneladas (500,8 millones de toneladas de arroz elaborado, frente a los 450 millones de 2010).

    África genera expectativas positivas en cuanto a la producción arrocera, superando en 2017 el récord de producción de 2016 en un 1%, para alcanzar los 31,1 millones de toneladas. África Occidental, gracias a las abundantes lluvias que han permitido a los productores, mediante una expansión de las siembras, rentabilizar los atractivos precios y los programas de asistencia gubernamentales, es particularmente interesante para el sector.

    El arroz es el alimento básico principal para 17 países de Asia y el Pacífico, para nueve de América y para ocho africanos, y proporciona el 20% del suministro de energía alimentaria del mundo —contra el 19% del trigo y el 5% del maíz—. En África en su conjunto, sin embargo, esta cantidad no llega al 10%, a pesar de que países como Madagascar —con casi un 50% de las calorías aportadas por este cereal— o Costa de Marfil —alrededor del 35%— destaquen por encima de la media mundial. 

    Con estos consumos tan elevados, la inversión en cultivo y en eficiencia en la producción, además de en la regulación del mercado del arroz, se antojan necesarias para el continente. En el caso concreto de Costa de Marfil, es la ONDR (Oficina Nacional de Desarrollo del Cultivo del Arroz) la entidad pública encargada de apoyar a los actores involucrados directa o indirectamente en este sector y de crear las condiciones durables para su desarrollo, con el fin último de lograr la autosuficiencia.

    La ONDR quiere lograr la autosuficiencia y que la producción sea capaz de satisfacer la demanda nacional, objetivo que espera cumplir a principios de 2018

    Para el marfileño Yacouba Dembelé, director de la ONDR, el arroz es vertebral para su país, no solo desde un punto de vista económico, sino también social: «El desarrollo en este sector no es una cuestión de producción, sino de soberanía; la escasez de producción arrocera impacta en multitud de actividades económicas accesorias, en el empleo, y puede general muchos problemas sociales». Costa de Marfil no produce tanto arroz como consume y para el gobierno del presidente Alassane Ouattara y la ONDR esto supone un problema: «El país produce actualmente 1 400 000 toneladas de arroz al año, pero consume 1 800 000».

    La situación precedente, antes de que la ONDR iniciara su plan a dos fases para garantizar la seguridad alimentaria en el sector del arroz, era muy distinta. Como desgrana Dembelé, «anteriormente los medios de transformación eran muy precarios y la falta de capacidad para absorber la producción desincentivaba a los productores. Comenzamos instalando cien puntos de transformación y pasamos de los 300 a los 10 000 kg diarios de producción». En esta la primera fase de su estrategia, la ONDR quiere lograr la autosuficiencia y que la producción sea capaz de satisfacer la demanda nacional, objetivo que espera cumplir a principios de 2018 cuando culmine la construcción de 30 nuevas plantas de transformación, con capacidades de 25 000 kg por día. «Desde que comenzamos la instalación de estas plantas, hemos doblado la producción en algunas regiones porque los agricultores tienen la garantía de que su producción va a ser absorbida y de que verán sus esfuerzos y su trabajo recompensados», añade Dembelé.  

    Además de el aumento de la capacidad transformadora, un reto añadido al sector corresponde a la adaptación al cambio climático. Como comenta el responsable de la ONDR, «Costa de Marfil solo cuenta con un 20% de cultivo de arroz irrigado. Un 70% es cultivo de secano, dependiente de las lluvias estacionales, y otro 10% por inundación». Para Dembelé, estas cifras dejan clara la vulnerabilidad del sector ante un régimen de lluvias cambiante e imprevisible. ¿La solución?: «Debemos invertir en infraestructura, en presas, en canalizaciones, y para ello necesitamos la experiencia de países punteros en sectores como el arroz, el de las infraestructuras o el de la ingeniería, como es España», país cuyas empresas ya han intervenido en infraestructuras hidráulicas en Costa de Marfil, aunque muy por debajo de su potencial.  

    La mecanización es otro de los retos de la oficina, para lo que se ha establecido un centro de mecanización para reducir costes y poner a disposición de los productores maquinaria accesible y de calidad, además de otros productos como semillas y fertilizantes para aumentar la producción.  

    La segunda pata de la estrategia de la ONDR es el almacenamiento. La oficina está en conversaciones con la India para colaborar en un proyecto que busca ampliar el número de silos en Costa de Marfil para, al acumular mayor grano, garantizar la oferta y poder reaccionar antes catástrofes o calamidades, además de poder influir sobre la oferta de arroz y sobre su precio. Según Dembelé, este objetivo será realidad en 2018.

    «España tiene que tener un papel más activo en el desarrollo de la industria arrocera marfileña» 

    Con la estructura de producción actual, lograr las dos cosechas anuales que ansía la ONDR sería inviable y Costa de Marfil tendría que conformarse con la única cosecha anual actual, sometida a los condicionantes climáticos que ponen en riesgo la soberanía y la seguridad alimentaria del país.

    Para evitarlo, la oficina se concentra en la inversión en irrigación e infraestructura hidráulica, y ve en España un ejemplo a seguir y un socio de futuro. Dembelé no duda en nombrar un proyecto de la FAO, financiado por España, por el que se han creado sinergias entre productores, transformadores y distribuidores —actores que hasta ahora vivían de espaldas el uno del otro—, permitiendo aumentar la producción en algunas áreas en más del 700%. Este proyecto constituye una buena práctica que está siendo replicada en la región.

     Pero, para Dembelé, España tiene que tener un papel más activo en el desarrollo de la industria arrocera marfileña, «tiene que aprovechar su experiencia y no dejar pasar las oportunidades, tanto en la adquisición de maquinaria como en transformación o en construcción de infraestructuras, que se abren en Costa de Marfil. Y sentencia: «Ahora es el momento».

     

    Por Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

  • Le riz, pièce maitresse de l’autosuffisance alimentaire ivoirienne

    Le riz (Oryza sativa) est une plante essentielle pour l’être humain. Comme le signifie la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les céréales représentent l’une des plus grandes industries agroalimentaires du monde. L’organisation estime qu’en 2017 la production s’élevait autour des 754,6 millions de tonnes (500,8 millions de tonnes de riz élaboré, contre 450 millions en 2010).

    L’Afrique génère des attentes positives en termes de production de riz, dépassant en 2017 le record de production de 2016 d’1% pour atteindre les 31,1 millions de tonnes. L’Afrique de l’Ouest, est intéressante à étudier pour le secteur car les pluies abondantes ont permis aux producteurs l’expansion des plantations, notamment grâce à des programmes d’aide gouvernementale et aux prix rentables et attrayants.

    Le riz est le principal aliment de base dans dix-sept pays d’Asie et du pacifique, dans neuf pays en Amérique et huit pays Africains, et fournit 20% de l’approvisionnement énergétique mondial contre 19% de blé et 5% de maïs. Sur l’ensemble du continent Africain, ce montant n’atteint pas 10% bien que des pays comme Madagascar avec près de 50% des calories apportées par cette céréale, ou la Côte d’Ivoire autour des 35%, se démarquent au-dessus de la moyenne mondiale.

    Avec ces fortes consommations, l’investissement dans la production et l’augmentation de la productivité ainsi que la régulation du marché du riz semblent nécessaires pour le continent. Dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire, c’est l’ONDR (Office nationale du véveloppement de la riziculture), une entité publique qui est chargée de soutenir les acteurs impliqués de façon directe ou indirecte dans ce secteur et de créer les conditions durables pour son développement en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

    L’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018

    Selon Mr. Yacouba Dembélé, Directeur Général de l’ONDR, le riz est l’épine dorsale de son pays, non seulement d’un point de vue économique mais aussi social : « Le développement dans ce secteur n’est pas une question de production, sinon de souveraineté. La pénurie de production de riz a un impact sur plusieurs activités économiques accessoires, sur l’emploi, et peut générer de nombreux problèmes sociaux ». La Côte d’Ivoire ne produit pas autant de riz qu’elle en consomme. « Le pays produit actuellement 1 400 000 tonnes de riz par an mais en consomme 1 800 000 », ce que pour le Gouvernement du Président Alassane Ouattara et pour l’ONDR est un problème qu’il faut remédier.

    La situation antérieure avant que l’ONDR initie son plan à deux phases pour garantir la sécurité alimentaire dans le secteur du riz était très différente. Selon M. Dembelé, « auparavant, les moyens de transformation étaient très précaires et le manque de capacité à absorber la production décourageait les producteurs. Nous avons commencé par installer cent points de transformation et nous sommes passés de 300 à 10 000 kg de riz par jour en matière de production ». Dans cette première phase de sa stratégie, l’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018 avec la construction des 30 nouvelles usines de transformation, d’une une capacité de 25000 kg par jour. « Depuis que nous avons mis en place ces usines, nous avons doublé la production dans certaines régions parce que les agriculteurs ont la garantie que leurs productions seront absorbées et qu’ils verront leurs efforts et leur travail récompensés » ajoute M. Dembélé.

    En plus de l’augmentation de la capacité de transformation, le défi auquel fait face le secteur est l’adaptation au changement climatique. Et comme l’argumente le directeur général de l’ONDR : « la Côte d’Ivoire ne dispose que de 20% de riziculture irriguée. Les 70% sont des cultures pluviales, dépendant des pluies saisonnières, et 10% de plus par inondation. Pour Mr Dembélé, ces chiffres nous éclairent sur la vulnérabilité du secteur face à un régime pluviométrique changeant et imprévisible. Lorsqu’on lui demande des solutions il nous fait savoir qu’on « doit investir dans les infrastructures, les barrages, les canalisations et pour cela nous avons besoin de l’expertise de pays comme l’Espagne, leader dans les secteurs du riz, des infrastructures ou de l’ingénierie ». D’ailleurs des entreprises espagnoles sont déjà intervenues dans les infrastructures hydrauliques en Côte d’Ivoire qui sont bien loin de leur potentiel.

    La mécanisation est un autre défi de l’ONDR pour lequel a été mis en place un centre de mécanisation pour réduire les coûts et mettre à disposition des producteurs des machines accessibles et de qualité, ainsi que d’autres produits tels que des semences et des fertilisants pour augmenter la production.

    La deuxième étape de la stratégie de l’ONDR est le stockage. L’office est en pourparlers avec l’Inde pour une collaboration dans un projet visant à augmenter le nombre de silos en Côte d’Ivoire pour accumuler plus de céréales, garantir l’approvisionnement et pouvoir réagir face aux catastrophes ou calamités. En outre, selon M. Dembélé l’ONDR pourrait avoir de l’influence sur l’offre du riz et sur son prix, cet objectif sera une réalité en 2018.

    L’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne

    Avec la structure de production actuelle, réaliser les deux récoltes annuelles souhaitées par l’ONDR serait irréalisable et la Côte d’Ivoire devrait se contenter de la seule récolte annuelle actuelle, sous réserve des conditions climatiques qui mettent en péril la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays.

    Pour éviter cela, l’ONDR se concentre sur l’investissement dans l’irrigation et les infrastructures hydrauliques, et considère l’Espagne comme un exemple à suivre et un futur partenaire. Yacouba Dembelé n’hésite pas à nommer un projet de la FAO, financé par l’Espagne, où des synergies ont été créées entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs – des acteurs qui, jusqu’à présent, vivaient sans échanger d’information – permettant d’accroître la production dans certaines régions à plus de 700%. Ce projet constitue une bonne pratique qui est reproduite dans la région.

    Mais pour Yacouba Dembelé, l’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne, “elle doit profiter de son expérience et ne pas laisser passer les opportunités, à la fois dans l’acquisition de machines et dans la transformation ou la construction d’infrastructures qui se réalisent en Côte d’Ivoire. Et conclut: «C’est le moment».

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

     

  • Ivoryblue, el primer café expreso 100 por 100 marfileño

    Félix Houphouët-Boigny es de sobra conocido por ser el padre de la independencia marfileña y el primer presidente del país —desde 1960 hasta su muerte en 1993—. De entre su legado, quizás una de las facetas menos conocidas sea su apuesta por el desarrollo agronómico, especialmente en el sector del café, a través del CNRA (Centro Nacional de Investigación Agronómica) al que le debemos la variedad de café arabusta (Coffea xarabusta). Este híbrido cuenta con las propiedades de sabor y aroma del café arábica —Coffea arabica, originario de África Central— y la fortaleza del robusta —Coffea canephora, proveniente de Etiopía—.

    La variedad marfileña, muy apreciada y mejor pagada que sus ascendientes, crece exclusivamente en entornos soleados de entre 400 y 500 metros de altitud en las montañas del oeste del país, en las faldas del monte Nimba, en los alrededores de la ciudad de Man. Es ahí donde André Braud-Mensah, ingeniero en telecomunicaciones y apasionado del mundo del café, se plantó hace dos años para estudiar las posibilidades de esta variedad, hasta la fecha destinada a la exportación a Europa o Norteamérica sin que se transformara ni añadiera valor en Costa de Marfil. Así nació Ivoryblue.

    Costa de Marfil resiste como decimotercer productor mundial y tercero africano de café  

    Ivoryblue es la marca con la que André Braud-Mensah quiere llevar el café arabusta fabricado en Costa de Marfil al resto del mundo. Para ello, el emprendedor marfileño ha invertido en la construcción de una fábrica a 30 km de Abiyán, la capital económica y principal puerto de Costa de Marfil, en donde torrefacta, muele y encapsula los granos. «Por el momento satisfacemos la demanda local. La emergente clase media marfileña es nuestro objetivo principal», remarca André Braud-Mensah.

    Pese a la caída en la cosecha cafetera de los últimos años, amortiguada en la última campaña, Costa de Marfil resiste como decimotercer productor mundial y tercero africano en la cosecha 2016/2017 —con unas 120 000 toneladas anuales, frente a las 228 000 de Uganda y las 396 000 de Etiopía—. De estos granos, solo 4 000 toneladas se dedican anualmente a la demanda interior, que es el objetivo inmediato de la marca gourmet: «Frente a las 300 toneladas producidas actualmente, pretendemos alcanzar las 400 toneladas a corto plazo, el 10% de la demanda marfileña».  

    Su estrategia para conseguirlo: reunir la calidad de la materia prima, la sostenibilidad de su cultivo ecológico y el compromiso con la producción local en torno a un producto. Su café, el único en Costa de Marfil que se presenta en forma de cápsulas compatibles con las máquinas de la conocida marca internacional Nespresso, se ofrece además en diferentes variedades, adaptadas al gusto del cliente y a un precio más asequible gracias al proceso de fabricación de los recipientes. A medio plazo, los planes de André Braud-Mensah pasan por ampliar las áreas de proveniencia de su café hasta abarcar las seis regiones cafeteras del país, siempre fiel a su esquema de producción.

    Para André es de vital importancia estar en contacto con el productor local, hacerle partícipe y que se beneficie de forma justa de esta industria. Sus proveedores son cooperativas locales, principalmente formadas por mujeres y jóvenes, a las que, además, transfiere la tecnología necesaria para que la recolección y transformación in situ preserve las cualidades del grano. Su cultivo se realiza de forma ecológica, evitando en lo posible el uso de químicos, filosofía que se mantiene también en el proceso de transformación del preciado fruto.

     

    Pero, ¿cómo darse a conocer en un mercado dominado por las multinacionales? Ivoryblue quiere dejarse ver en el centro de las grandes ciudades, en áreas frecuentadas por la clase media alta, su principal nicho. Es por ello que en 2016 la joven marca inauguró su primera tienda gourmet en el Plateau, el barrio financiero de Abiyán. «Vamos a comenzar un plan de expansión internacional a partir de 2018, año en el que pretendemos expandirnos a Dakar, Montreal, Londres y Shanghái, por ese orden», comenta André Braud-Mensah. Para ello, la marca ya ha llevado a cabo test para adaptarse a las particularidades de cada mercado, tanto en la subregión como en Europa del Norte, Oriente Próximo, América del Norte o en Asia. Además, a través de su tienda en línea, pretende hacer su producto accesible al resto de clientes, con un servicio de entrega a domicilio que se irá ampliando conforme conquiste mercados. 

    Ivoryblue no solo comercializa café gourmet. Entre las líneas de negocio que pretende explotar se encuentran también sus propias máquinas de café —fabricadas con un socio italiano—, los productos de pastelería o los cosméticos a base de subproductos del café. Además, no podía faltar el cacao, del que Costa de Marfil es el primer productor mundial, acaparando el 30% de su cosecha global.

    Preguntado por el mayor reto de futuro para la expansión de Ivoryblue, André Braud-Mensah responde sin dudar: «la financiación, que es poco accesible para emprendedores en Costa de Marfil». Consciente y seguro de la calidad de su producto y del buen resultado de su fórmula, André Braud-Mensah quiere mostrar su idea fuera del país con la pretensión de atraer inversores extranjeros o mecenas que quieran apostar por este producto: un café artesano, respetuoso con el medio ambiente, comprometido socialmente y 100% de Costa de Marfil. 

    Por Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

  • Ivoryblue, le premier café express 100 pour 100 ivoirien

    Felix Houphouët-Boigny est connu pour être le père de l’indépendance ivoirienne et le premier président du pays, de 1960 jusqu’à sa mort en 1993. Parmi son héritage, peut-être l’une des facettes moins connues est son engagement au développement agronomique, en particulier dans le secteur du café, à travers le CNRA (Centre national de recherche agricole) à laquelle nous devons la variété de café arabusta (Coffea ×arabusta). Cet hybride possède les propriétés gustatives et aromatiques du café arabica (Coffea arabica, originaire d’Afrique centrale) et la force de la robusta (Coffea canephora, originaire d’Ethiopie).

    La variété ivoirienne, très appréciée et se vendant mieux que ses ancêtres, pousse exclusivement dans des milieux ensoleillés entre 400 et 500 mètres de haut dans les montagnes de l’ouest du pays, sur les pentes du mont Nimba, aux alentours de la ville de Man. C’est là qu’André Braud-Mensah, ingénieur télécom et passionné par le monde du café, s’est rendu il y a deux ans pour étudier les possibilités de cette variété, destinée jusqu’alors à l’exportation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord sans être ni transformée ni valorisée en Côte d’Ivoire. C’est de là qu’est née l’idée de créer Ivoryblue Café.

    Ivoryblue est la marque avec laquelle André Braud-Mensah veut partager le café arabusta fabriqué en Côte d’Ivoire avec le reste du monde. Pour cela, l’entrepreneur ivoirien a investi dans la construction d’une usine à 30 km d’Abidjan (capitale économique de la Côte d’Ivoire et principal port du pays), où il torréfie, broie et encapsule les céréales.

    « Pour le moment, nous satisfaisons la demande locale. La classe moyenne émergente ivoirienne est notre objectif principal », remarque André Braud-Mensah.

    Malgré la baisse de la récolte de café ces dernières années, une baisse qui s’est amortie cette dernière campagne, la Côte d’Ivoire est le treizième producteur mondial et le troisième producteur africain de la campagne 2016/2017 avec quelques 120 000 tonnes par an, contre 228 000 tonnes en Ouganda et 396 000 tonnes en Éthiopie. Seulement 4 000 tonnes de cette récolte sont consommés en Côte d’Ivoire et l’objectif de la marque gourmande est de satisfaire 10% de la consommation nationale : « Contre les 300 tonnes produites aujourd’hui, nous comptons atteindre 400 tonnes à court terme », prévoit-il.

    Sa stratégie pour aboutir à cela est d’augmenter la qualité de la matière première, la durabilité de sa culture écologique et l’engagement avec la production locale autour d’un produit. Leur café, le seul en Côte d’Ivoire présenté sous forme de capsules compatibles avec les machines Nespresso, la fameuse marque de la multinationale Nestlé, est également offert dans différentes variétés adaptées en fonction du client à un prix plus abordable grâce au processus de fabrication des conteneurs.

    A moyen terme, André Braud-Mensah prévoit d’étendre les zones d’origine de son café pour couvrir les six régions caféières du pays, toujours fidèle à son schéma de production.

    Pour lui, il est essentiel d’être en contact avec le producteur local, d’en faire un acteur clé du processus et qu’il puisse bénéficier équitablement de cette industrie. Ses fournisseurs sont des coopératives locales, principalement composées de femmes et des jeunes, à qui, en plus, il transfère la technologie nécessaire pour que la collecte et la transformation in situ préservent les qualités du grain. Sa culture est effectuée de manière écologique, en évitant autant que possible l’utilisation de produits chimiques, une philosophie également maintenue dans le processus de transformation du précieux fruit.

    Mais, comment se faire connaître dans un marché dominé par les multinationales? Ivoryblue veut être vu dans le centre des grandes villes, dans les zones fréquentées par la classe moyenne supérieure, sa niche principale. C’est pourquoi la jeune marque a ouvert en 2016 son premier magasin gourmet sur le Plateau, le quartier financier d’Abidjan.

    « Nous allons commencer un plan d’expansion internationale à partir de 2018, année où nous prévoyons de nous étendre à Dakar, Montréal, Londres et Shanghai, dans cet ordre », explique M. Braud-Mensah. Pour cela, la marque a déjà effectué des tests pour s’adapter aux particularités de chaque marché, aussi bien dans la sous-région qu’en Europe du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord ou en Asie. De plus, grâce à sa boutique en ligne, les produits sont accessibles à tous, avec un service de livraison à domicile qui sera étendu à mesure que de nouveaux marchés seront ajoutés.

    Ivoryblue ne vend pas seulement du café gourmet, mais aussi ses propres machines à café, fabriquées avec un partenaire italien, des biscuits à base de café ou des cosmétiques à base de sous-produits du café. En outre, il ne pouvait pas manquer de produire du chocolat, la Côte d’Ivoire étant le premier producteur mondial de cacao, avec 30% de la production du globe.

    Interrogé sur le plus grand défi futur pour l’expansion d’Ivoryblue, André Braud-Mensah répond sans hésiter que « le financement est peu accessible pour les entrepreneurs en Côte d’Ivoire » mais il reste confiant. Conscient de la qualité de son produit et des bons résultats de sa formule, André Braud-Mensah veut partager sa passion au-delà des frontières et trouver des partenaires qui souhaitent, comme lui, parier sur ce produit : un café artisanal, respectueux de l’environnement, engagé socialement et 100% ivoirien.

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

     

  • Le festival de l’Adayé Késsiè 2017, avec Luxe Voyages

    Installé dans la région du Gontougo vers 1690, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire avec chef-lieu la ville de Bondoukou et faisant partie du district du Zanzan, le peuple bron est originaire de l’empire du Ghana. Connu aussi sous le nom d’Abron, il constitue également le Royaume Bron (ou Brong, en anglais), le seul royaume actuel à caractère transnational à cheval entre la Côte d’Ivoire et le Ghana qui a survécu aux frontières de la colonisation. Les Abrons font partie de l’ethnie Akan et se caractérisent par  leur organisation sociale structurée et par sa richesse culturelle.

    Le Royaume Bron est composé de 11 peuples, dans cinq grands départements et 30 sous-préfectures dans les régions du Bounkani (nord-est) et du Gontugo (est), qui regroupent 1 103 villages et forment le district de Zanzan. La prise de conscience des traditions et richesses régionales commence par eux-mêmes. Comme explique un cadre régional, « comme le dit la tradition, pour avoir le respect et la considération des autres, il est nécessaire de montrer ses capacités et ses héritages culturelles ».

    Après 31 ans d’interruption, le festival de l’Adayé Késsiè renait avec un cortège d’innovations et de promesses pour valoriser la force et la richesse de la culture bron

    L’Adayé Késsiè

    L’Adayé Késsiè  est la plus grande fête du Royaume Bron et a été célébré du 17 au 22 d’octobre de 2017 à Tabagne. Elle a connu une interruption de 31 ans puisque sa dernière édition s’est produite en 1985 sous le règne de Nanan Kouassi Yeboua, 16e Roi des Brons et réformateur progressiste dudit royaume. C’est une fête qui a toujours réuni toutes ses provinces et ses cantons et qui émane de la volonté du Roi des Brons. C’est à cette occasion que l’on fait le point sur les activités du royaume et la conduite à tenir pour l’année nouvelle. L’Adayé Késsiè est donc une grande fête. Même si la première édition de l’année 2016 a été une vraie réussite, il est nécessaire de se rappeler d’un proverbe bron qui dit que «  lorsqu’on dit au cabri qu’il est propre, il ne voudra plus se laver ». Il faudrait donc éviter de se targuer d’avoir tout fait sinon de continuer à travailler pour promouvoir ce festival.

    De ce fait, le Roi et ses chefs de provinces et de cantons invitent les cadres de la région à participer de façon active pour que l’Adayé Késsiè soit une réussite encore une fois pour que sa projection tant au niveau national qu’international soit une référence. Il est donc important d’affirmer que la renaissance du festival de l’Adayé Késsiè est du fait de l’agence Luxe Voyages avec, à sa tête, M. Bini Ouattara Daouda, commissaire général et aussi fils de la région. Son attachement à la culture en général et à celle de sa région en particulier l’a emmené à prendre les rênes de la renaissance de ses festivités éclatées car, il faut le reconnaitre, se célébraient seulement dans les villages et avait perdu cette grandeur reconnue d’alors.

    Le Royaume Bron est le seul royaume actuel à cheval entre la Côte d’Ivoire et le Ghana à avoir survécu aux frontières de la colonisation et reconnu par les deux pays africains

    L’Adayé Késsié marque donc la fin d’un processus. La fête du Tiendé (dans la ville de Tanda) qui célèbre la récolte de l’igname, tubercule et produit alimentaire par excellence de la région du Royaume Bron, marque le début des célébrités. Après quarante jours, on célèbre la fête des plus jeunes qui est suivie par celle des adultes. Les festivités adultes sont composées de deux parties qui sont le Moroufié et le Fofié.

    Le Mouroufié représente les festivités simplement adultes et les Fofiés sont celles qui sont tenues par les oracles une semaine plus tard et un vendredi selon le calendrier bron. La fête de l’Adayé Késsiè est donc célébrée douze jours après le Fofié. Il est important de noter que quatre jours après le Moroufié l’on rentre dans la nouvelle année et le premier conseil du royaume se tient un mercredi, ce qui coïncide avec la fête de l’Adayé Késsiè. Pendant le conseil, on passe en revue les évènements passés. Les  grandes décisions et les orientations sont prises pour l’année à venir durant toute la matinée. Parallèlement au conseil, cette matinée marque aussi le temps des demandes en mariage entre les couples, les dons sont faits entre membres des familles et les cadeaux aux parents et amis.

    Pendant l’après-midi du même jour la grande parade royale a lieu, où le Roi des Brons est porté suivi de ses chefs de provinces.

    Assurer la continuité des traditions

    Les aînés de la région, conscients de l’avancée de la modernité ont décidé d’institutionnaliser l’Adayé Késsié par la mise en place d’un comité scientifique composé d’intellectuels et de cadres de la région et bien entendu, soutenu par la cours royale et les sages du royaume. L’objectif étant de pérenniser cette tradition multiséculaire à travers la jeunesse originaire et descendante de la région. Ce comité se veut garant de l’enseignement des valeurs qui ont permis la survie, dans le temps et dans l’espace, de la culture bron et, travaillant en bonne intelligence avec les institutions de l’État, a su gagner la confiance des États de Côte d’Ivoire et du Ghana.

    Parallèlement aux actions remarquables de ce comité, l’ONG « Groupe culturel Bron Gyaman » veille pour la promotion des valeurs culturelles, artistiques, linguistiques, architecturales et vestimentaires de la culture bron. Avec Béné Kouakou Ignace à sa tête, elle joue alors le rôle de porte-parole dans cette démarche vers l’unité d’actions dudit peuple.

    L’Adayé Késsiè vient interpeller tout le monde, et apporter une saveur à toutes les activités menées conjointement par les différents groupes de travaux face aux nouveaux comportements et habitudes qui étiolent les traditions. Ces festivités représentent donc le moteur du réveil des consciences du peuple bron.

    Innovations

    L’Adayé Késsiè, ne consiste pas juste faire revivre et pérenniser la tradition du peuple bron mais aussi s’adapter à la modernité. Dans ce contexte, la création d’une industrie touristique autour de cet évènement en vue de développer économiquement la région s’est mise en place. La pause de la première pierre du centre culturel Village Adayé par le Vice-Président du gouvernement ivoirien Daniel Kablan Duncan en est la preuve. Ce centre qui sera situé à Tabagne comprendra un musée, une salle d’expositions et de ventes et des salles polyvalentes et de formation entre autres. Les infrastructures hôtelières insuffisantes ont donné lieu à des formules alternatives comme le logement chez l’habitant, ce qui a finalement été une belle expérience à la fois pour les touristes et les visiteurs et bien entendu pour les hôtes. L’implication du Gouvernement laisse entrevoir l’amélioration des infrastructures de la région, dont les voix d’accès ou l’hôtellerie, pour faire de Tabagne et de la région une référence touristique tant au niveau national qu’international.

    La parade du Roi marque l’apothéose des festivités et montre la communion entre le Roi et son peuple durant ce nouvel an du peuple bron

    La parade du Roi

    La parade du Roi Nanan Adingra Kouassi Agyemane marque l’apothéose du festival de l’Adayé Késsiè qui est l’apanage de la cohésion sociale des Bron. Cet événement met en exergue le patrimoine touristique et culturel du Royaume et montre sa force et sa richesse sous toutes ses formes. Les différentes provinces sont représentées ce jour-là avec des délégations venues aussi du Ghana et, avant l’entrée triomphale du Roi sur la grande place, l’on assiste aux différentes danses qui représentent les différentes classes sociales du royaume. Les parades des chefs de provinces, avec leurs tenues d’apparats, se font annoncer et le premier à ouvrir le bal est celui du Pinangô qui joue le rôle de chef d’État-major. Il est accompagné des membres de sa cours et ses tambourineurs et chansonniers. Ceci se répète avec les différents chefs de provinces qui chacun à son tour montre sa force.

    Puis fait son entrée triomphale le Roi Nanan Adingra Kouassi Agyemane. La clameur ne se fait pas prier. La communion du Roi avec son peuple est totale. Le Roi est porté dans son palanquin royal avec ses tenues d’apparats sur la grande place, un spectacle rempli de symboles mais aussi d’émotions qui ne laissent pas le visiteur indifférent.

    Bini Ouattara Daouda, Commissaire Général et promoteur de l’Adayé Késsiè

    M. Bini Ouattara Daouda, aussi Directeur Général de l’Agence Luxe Voyages, est Commissaire Général de l’Adayé Késsiè. Pour lui, l’édition 2017 du festival a été satisfaisante grâce aux améliorations apportées tant sur le plan de l’organisation et sur le plan de l’innovation. Le nombre de visiteurs s’est élevé pour se situer en plus de 6 000. « Le festival montre à quel point la région du Gontougo et le Royaume retrouvent sa proéminence », nous dit-il. Le fait de sortir de l’amateurisme en invitant tous les sages, les professionnels et les experts en la matière donne, selon lui, une autre dimension à l’évènement.  « Le bilan de cette édition, avec les critiques et suggestions, nous situera et nous permettra de mieux faire l’année prochaine », ajout-il.

    Parmi les initiatives à court-terme, une réunion avec le Roi et les chefs de provinces pour la mise en place de la marque «Adayé Késsiè» et la mise en œuvre des plans d’actions conjointes avec les provinces du Ghana. Aussi, le projet de réalisation du centre culturel ou Village Adayé, qui implique la participation des 5 provinces du Royaume Bron. L’architecture du bâtiment sera un hybride de tradition et de modernité. « Dans quelques années, dans chaque coin et recoin du Royaume on devra sentir le rayonnement de ces festivités et chaque Bron devra être à mesure de les présenter à ses invités. Je suis convaincu que l’Adayé Késsiè sera une référence touristique mondiale dans quelque temps », ajoute M. Bini Ouattara Daouda.

    Par Franck Olivier Kra. @franckokra