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    Idrisse Ahamed, ajouter une corde à son arc d’homme d’affaires

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  • L´International de l´ingénierie en Côte d´Ivoire, un référence en qualité aux normes internationales

    Le secteur du Bâtiment et de Travaux Publics (BTP) en Côte d’Ivoire connaît un essor remarquable et représente la plus forte croissance en termes de valeur ajoutée depuis l’année 2013. Sa contribution à la croissance est estimée à environ 1% sur les 8% du PIB de ces dernières années et se hisse au troisième rang de pourvoyeur d’emplois au niveau national soit 12%. L’International d’Ingénierie en Côte d’Ivoire (2I-CI S A) est un Bureau d’Etudes et Ingénieur Conseil exerçant dans les domaines du Bâtiment et du Génie Civil, ainsi que l’Expertise Immobilière. Certifié ISO 9001 Version 2015 depuis le 5 décembre 2017, la société met en place donc un Système de Management de la Qualité (SMQ).

    Par Franck Olivier Kra @franckokra

    Créée en 1996 par M. Souleymane Coulibaly, Président Directeur Général de la structure, elle fut établie pour combler un vide, répondre aux besoins et aux nécessités des PME et des entreprises dans le domaine du BTP. Durant l’exercice de ses différentes responsabilités professionnelles, cet ingénieur des Travaux Publics diplômé de Grandes Ecoles Supérieures Techniques Ivoiriennes et du Centre des Hautes Etudes de la Construction (C.H.E.C.) de Paris, se rend compte des insuffisances au niveau des petites et moyennes entreprises, ses rencontres avec les différents acteurs du secteur tels que les architectes, maîtres d’ouvrages etc. renforcent sa conviction de répondre à la demande grandissante qui s’annonce sur le marché. L’International de l’Ingénierie ou 2I-CI SA après 20 ans d’expérience dans la réalisation de projets aussi importants les uns que les autres sur l’échiquier national et international, s’est aussi donné les moyens en le capital humain de qualifié et proportionnels aux nécessités du marché actuel.

    Entretien.

    Certifié ISO 9001 Version 2015 depuis le 5 décembre 2017, la société met en place un Système de Management de la Qualité (SMQ).

    eBiz Africa Review (EAR): Monsieur Souleymane Coulibaly, vous êtes le Fondateur et Directeur Général de l’Internationale de l’Ingénierie en Côte d’Ivoire, Vous êtes un opérateur de référence dans le domaine du Bâtiment et de Travaux Publics (BTP), quel est l’historique de votre entreprise, quand avez-vous décidé de mettre en place toute cette infrastructure technique et professionnelle?

    Souleymane Coulibaly : Merci, l’International d’Ingénierie de Côte d’Ivoire, ou 2I-CI, a été créé en 1995 lorsque j’occupais des postes de responsabilités publiques, l’idée m’est venue au cours de mon passage aux Grands Travaux (DCGTX), devenu aujourd‘hui Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNEDT) dans la période 1993-1994. Etant au chemin de fer, j’ai vraiment voulu créer un bureau d’entreprise, à l’origine pour aider d’autres entreprises, parce qu’au cours de ma carrière, j’ai réalisé qu’il y avait des insuffisances au niveau de nos PME. Ce cabinet a donc été créé pour les aider et les accompagner. Mes rencontres avec les différents acteurs du secteur tels que des architectes, ingénieurs, techniciens et le grand besoin en études de béton, en calculs de structures, en suivis et en contrôles de chantiers etc. ont accentué cette idée-là. Je me suis rendu compte qu’on pouvait aider des maitres d’ouvrages, tels que des structures de l’état, les aider avant que le projet ne débute, aider à faire la mise en place de leurs projets, et à faire des estimations bien définies. Nous avons réellement débuté en 1998, où nous nous chargions de la réalisation du projet de l’unité des entrés du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Treichville. Au départ c’était avec un personnel très réduit, un technicien, une secrétaire et moi-même. Par la suite cela a évolué jusqu’à ce qu’on atteigne plus de 20 employés aujourd’hui.

    « Mes différents postes de responsabilités m’ont permis de comprendre qu’il y avait un vide à combler dans le domaines du bâtiment et des Travaux Publics… et qu’il fallait absolument accompagner les PME »

     

    EAR: M. Coulibaly, vous avez eu un parcours remarquable ; vous avez exercé et occupé différentes fonctions déterminantes et des responsabilités aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger…

    S.C. : Disons que j’ai eu la chance d’avoir un parcours assez riche, puisque j’étais à l’Ecole des Travaux Publics à Abidjan, avant qu’elle ne soit transférée à Yamoussoukro. Un peu avant la fin de mon cursus, j’ai été contacté par une grosse société du nom de CCGA – filière en Côte d’Ivoire de la Société Dumez à Paris, rachetée par le groupe Vinci. Je suis par la suite envoyé à Paris au Centre des Hautes Etudes de la Construction (CHEC) pour une spécialisation en béton armé et béton précontraint. A mon retour à Abidjan au CCGA, après ma spécialisation en France, des nouvelles responsabilités m’ont été confiées et j’ai commencé en tant qu’ingénieur au CCGA et après un an, nommé chef du bureau d’études. Pour citer certains exemples, la direction des travaux de précisions dans les calculs de béton et d’infrastructures, la supervision en contrôle interne des travaux du Palais des Sports de Treichville et du Stade Robert Champroux, ont été effectuées sous ma coupole. Dans la même époque, le contrôle d’autres grands travaux sur presque toute l’étendue du territoire national m’ont été confié. Dans le grand ouest de la Côte d’Ivoire, je suis intervenu dans des grands projets de logements pour personnels d’entreprises, la réalisation d’ouvrages d’art de ponts et chaussées etc. Plus tard j’ai été nommé directeur adjoint, puis directeur des travaux de la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro. Les travaux de l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Burkina Faso me furent confiés. J’ai aussi dirigé les installations fixes dans le domaine du chemin de fer à la Société Internationale de Transport Africain par Rail (Sitarail).

    Pour résumer, je suis passé par différents postes de responsabilité et de direction dans les domaines de la construction et des travaux publiques aussi bien dans le secteur privé que publique et à présent je me dédie à mon cabinet qui est 2I-Ci ou l’International de l’Ingénierie.

    « La Côte d’Ivoire est en ce moment en chantier, les opportunités réelles d’investissements existent avec un code de sécurité juridique garantie et nous sommes prêts à défendre les intérêts des investisseurs »

    EAR : Votre parcours se traduit par la conception, supervision et la réalisation de plusieurs grandes œuvres qui ont vu le jour généralement à l’échelle nationale mais aussi à l’international. Ces activités ont été récompensées par plusieurs prix de reconnaissance pour le travail effectué. Parlez-nous de quelques-uns ?

    S.C. : La première fois, nous avions été contactés par une structure basée en Espagne et dénommée Business Initiative Directions (BID). Au départ j’ai cru que c’était de l’arnaque mais il se trouvait qu’un partenaire au Burkina Faso avait déjà reçu ce prix d’excellence et avait aussi parlé de nous. Malgré cela, certaines enquêtes avaient été ouvertes par le biais de l’Ambassade Ivoirienne en Allemagne qui nous confirmait l’authenticité de l’organisation puisque cette année-là le prix se recevait en terre germanique. C’est ainsi que nous le recevions en 2014 à Francfort dans le domaine de la qualité. D’autres prix dans le domaine de la qualité nous ont été décernés en 2015 à Genève et en 2016 à Paris. Au niveau national, de la Côte d’Ivoire, nous avons reçu récemment la Truelle d’Or au cours de la dernière édition des Oscars du Bâtiment et des Travaux Publics (Oscars des BTP) qui s’est tenu à Abidjan le 2 décembre 2017. Il faut insister sur un point qui nous tient à cœur, est que depuis novembre 2016 nous avons été dans un processus de démarches qualité qui s’est soldé par la Certification ISO 9001 version 2015. Le certificat officiel nous a donc été remis en janvier 2018.

    « Le message que je porte à l’endroit des investisseurs potentiels espagnols est de nous faire confiance car la certification de nos méthodes aux normes internationales, est synonyme de compétitivité et de partenariat garanti »

    EAR : L’International d’Ingénierie est maintenant certifié en contrôle qualité et cela vous permettra d’être plus compétitif au niveau international. Sachant que l’Espagne est un pays de référence dans le domaine des BTP, quel message portez-vous à l’endroit des partenaires ou investisseurs potentiels sans oublier que la Côte d’Ivoire est un pôle d’attraction dans ce domaine des grands travaux, des logements etc. ?

     

    S.C. : Le message que je peux porter à l’endroit de nos frères espagnols c’est de nous faire confiance. La certification que nous venons de recevoir n’est pas uniquement pour la Côte d’Ivoire. Je pense que pour des investisseurs d’Espagne c’est rassurant de savoir qu’il y a un bureau d’études sur place, certifié et qui applique des méthodes aux normes internationales. Avant de s’engager dans des opérations d’investissement dans le bâtiment ou dans les travaux publics et que le besoin se présente, nous sommes à leurs dispositions pour mener à bien leurs projets en parfait partenariat et à même de les représenter. Nous sommes ouverts à travailler avec des bureaux d’études qui voudraient entreprendre des études sur le terrain. En ce moment précis, plusieurs bureaux d’études étrangers travaillent avec nous en vue de rendre viables leurs projets. Nous venons, en l’occurrence, de signer un accord de partenariat avec un bureau d’études basé à Lyon en France, qui nous a effectué une visite de travail à notre siège à Abidjan où une convention a été signée pour la répartition des rôles à jouer. Pour nos amis espagnols, les portes sont grandes ouvertes car la Côte d’Ivoire est en ce moment en chantier, les opportunités réelles d’investissements existent avec un code, une sécurité juridique garantie et nous sommes prêts à défendre leurs intérêts.

    EAR : Quel est l’organigramme de votre entreprise et comment sont structurées vos équipes à l’International d’Ingénierie ou 2I-CI?

     

    S.C. : Notre entreprise se compose d’un Président Directeur Général (PDG) qui s’incarne en ma personne avec un conseil d’administration. Depuis 2015, nous sommes en société avec un capital de 80 millions de Francs CFA. Nous avons un Directeur Général Adjoint (DGA) qui fait office de Directeur Technique, un secrétariat, un chef de Département Administratif et Financier, chef de Département Expertise Immobilière. Nous venons de créer le poste de Chef de Département Infrastructures et qui se réfère aux routes, ouvrages d’arts, assainissements etc. Nous disposons également d’un bureau d’études qui s’occupe d’études de calculs de béton, les plans bétons, l’électricité et bien d’autres. Comme spécialités, nous sommes bureau d’études et ingénieur conseil. Nous faisons des études et nous lançons aussi des appels d’offres pour les entreprises. En résumé l’International d’Ingénierie est composé d’une vingtaine de personnes et nous embauchons aussi temporairement en fonction des projets.

     

    EAR : Comment voyez-vous l’International d’Ingénierie en Côte d’Ivoire dans cinq ans ou plus ?

    S.C. : Disons dans la démarche qualité, notre vision c’est d’être un cabinet de référence dans les cinq ans à venir. Nous voulons grandir, être un cabinet de référence et qui est synonyme de prestation de qualité de haut niveau. Notre organisation est dans ce processus et dans cette logique et l’un des points importants sur lequel nous insistons est la satisfaction de nos clients.

    Nous continuons de diversifier nos activités avec notre nouveau programme d’actions qui, en plus du bâtiment, a vu naître le département d’Infrastructures déjà cités et bientôt nous aurons un nouveau département spécialisé dans l’environnement en cette année 2018. En ce qui concerne les partenaires potentiels espagnols, nous lançons un message tout en disant qu’un partenariat extérieur répond de la projection internationale que la 2I-CI ou l’International d’Ingénierie se donne pour consolider cette référence mondiale voulue dans les cinq ans à venir.

     

     

     

     

  • Julius Maada Bio, l’ancien président qui retourne au State House de Sierre Leone

    Dans la soirée du mercredi 4 avril 2018, après près de 4 jours de comptages manuels dû à une panne internet perturbant la diffusion des résultats, le président de la Commission électorale nationale (NEC) de Sierra Leone, Mohamed Nfa Alie Conteh, annonce le nouveau chef d’état du pays.

    Il s’agit du général Julius Maada Bio, le candidat du principal parti d’opposition, Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), avec 51,8% des voix au second tour de scrutin, pour une participation massive de 81.1% des sierra-léonais .Celui-ci gagna face au candidat du parti au pouvoir jusqu’à présent Samura Kamara, du Parti de tout le peuple (APC).

    Des cris de joie ce sont immédiatement fait entendra dans la ville d Freetown, par des supporteurs du Parti d’opposition, SLPP.

    De ses 53 ans Julius Maada Bio est loin d’être inconnu dans l´histoire politique de la Sierra Leone. En effet cet ancien militaire a été le chef d’État de la Sierra Leone du 16 janvier 1996 au 29 mars 1996. Mais il est surtout connu pour la relance du multipartisme ainsi que celui du processus qui a instauré la paix dans ce pays longtemps meurtri par les coups d’états, les guerres civiles, les divisions, et les instabilités économiques, pour alors faire face à un gouvernement démocratiquement élu. En 2005, après avoir décroché son diplôme e relations internationales aux Etats Unis, à son retour, Maada Bio décide de se lancer dans la politique au sein de son actuel parti, le SLPP, dont il devient rapidement le représentant.

     

    Freetown, Sierra Leone. BigMikeSndTech, Flickr.

    Directement après sa nomination, le nouveau président se rendit au Radisson Blu Mammy Yoko pour la passation de pouvoir, où il prête serment comme le demande la tradition. En présence d’un public rempli de joie et d’émotion, composé de ses proches, de représentants du gouvernement et de diplomates étrangers, il reçoit le bâton de commandement par son prédécesseur Ernest Bai Korama. Celui-ci l’avait battu lors des élections de 2012 mais ayant terminé ses deux mandats, ne pouvait plus se représenter.

    A la suite de la victoire, le nouveau chef d’état a reçu les félicitations de la plupart des dirigeants internationaux et la cérémonie officielle d’intronisation du nouveau président est prévue pour le 12 mai 2018 à la capitale du pays.

     

    Par son programme, cet homme cherche à lancer son pays, ancienne colonie d’Afrique de l’Ouest, vers une nouvelle ère par la discipline et l’éducation. Il l’avait déjà débuté en 2014 en lançant avec son épouse la Fondation Maada et Fatima Bio. Cet organisme offre des subventions à l’éducation pour les enfants défavorisés, organise des programmes de formation professionnelle et de développement des entreprises pour les femmes et les jeunes défavorisés, aide à la prestation de services de santé et offre un soutien aux programmes de développement agricole des communautés rurales.

    Il voudrait ainsi continuer sur cette lancée de manière politique et parle de l’instauration de l’école primaire et secondaire gratuite pour les enfants de Sierra Leone.

                     

    Son Excellence s’est engagée à réviser les baux et concession miniers et ainsi que les avantages fiscaux accordés aux compagnies étrangères. Il a également proclamé le rétablissement à partir du 15 avril des activités commerciales, qui avaient été interrompues par l’épidémie d’Ebola entre 2014 et 2016, maladie ayant tué plus de 4000 personnes,  et la chute des cours mondiaux des matières premières.

    Pour une question d’économie et pour la prévention du gaspillage de faibles ressources gouvernementales, il est maintenant demandé aux ministères et administrations de désormais « tenir leurs ateliers, séminaires et conférences dans des bâtiments institutions publiques plutôt que dans des hôtels ». Il exige plus de discipline notamment auprès des fonctionnaires.  Il décide aurait prévu des visites dans différents bureaux pour vérifier si ces deniers viennent à leur au travail.

    Président de Sierra Leone et Président du Sénégal Sall. Présidence de la Réùblique de Sénégal.

    Julius Maada a d’ailleurs effectué sa première visite en tant que président de la République de la Sierra Leone au Sénégal, rencontrant alors Macky Sall, président du gouvernement et ami de longue date, pour développer des relations spéciales, selon le communiqué de presse sénégalais.

    Concernant le candidat perdant, s’étant rendu à la présidentiel pour féliciter le nouveau chef d’état, et promettant son soutien, décide finalement ce 12 avril de relancer sa contestation des résultats à la cour suprême et demande « l’exclusion du décompte des bureaux de vote où s’est produit un bourrage d’urnes » et l’invalidation de l’annonce de la victoire de Julius Maada Bio.

    Il en va sans dire que toutes ces démarches se font dans la légalité et dans le calme, comme s’est déroulé le scrutin, garantissant la sécurité des habitants de Sierra Leone.

    Par Chloe Gauze.

    Photo principale Travis Lupick, Flickr.

  • Attirer des investissements directs étrangers (IDE), au_delà de l’approche classique

    Dans une économie mondialisée où la concurrence entre les États est devenue la règle, attirer des IDE pour valoriser son potentiel économique est devenu un enjeu majeur pour tout État. Ces investissements permettent, avant tout, de créer et/ou de maintenir, voire développer, des activités économiques pour créer de la valeur ajoutée et assurer une redistribution de revenus via, notamment, création d’emplois.

    Cette nécessité fait qu’aujourd’hui, pays développés et en développement rivalisent d’ardeur et d’ingéniosité pour séduire, attirer, voire maintenir des IDE, facteur essentiel dans la mise en œuvre de leurs stratégie de croissance et de développement. Dans ce jeu, des pays comme la Guinée, pourvue en richesses naturelles, minières ou halieutiques, avec des besoins réels de valorisation, attisent des convoitises et l’État, aussi, déploie une stratégie de promotion pour attirer le maximum d’investisseurs dans des pans entiers de secteurs de l’économie nationale. Les mines, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la pêche, l’artisanat, le tourisme ou encore l’hôtellerie sont autant de secteurs concernés par cette stratégie de déploiement à l’international. La Guinée a besoin d’argent, de technologies et d’expertise pour valoriser ce riche potentiel au service de ses populations et de ses territoires que seuls des partenariats publics et privés peuvent assurer dans le temps.

    Îles de Loos, Conakry, Guinée. Photo: Alejandro Dorado Nájera.

    Des va et viens incessants entre Conakry, la capitale, et des villes du monde en Europe, Amérique, Asie et Afrique en sont la parfaite illustration de cette volonté de mobiliser des capitaux et de l’expertise à l’international dans un objectifs précis : valoriser le potentiel économique du pays. La Guinée est ainsi, depuis quelques années, au rendez-vous de plusieurs rencontres économiques pour promouvoir la destination et ses atouts dans une économie mondialisée et très concurrentielle.  La Guinée ne manque pas d’atouts aujourd’hui dans ce domaine avec cette volonté affirmée de l’État de trouver des voies et moyens de séduire de possibles investisseurs internationaux. La création d’un Ministère en charge des Partenariats public – privés et d’une Agence de promotion (APIP), la mise en route du Programme national de développement économique et social à l’horizon 2040, la réalisation de multiples planifications sectorielles, la mise en route d’importantes réformes en matière de gouvernance économique et financière, l’adoption d’un nouveau code des investissements et d’un nouveau code minier ou, encore, l’adoption et l’opérationnalisation de la Lettre de politique nationale de décentralisation et de développement local sont autant d’éléments qui positionnent favorablement le pays dans sa quête des IDE.

    Ces éléments sont aussi des ingrédients importants dans une stratégie de développement économique et sociale qui posent clairement les bases de l’évolution souhaitée du pays pour les prochaines décennies. Toute cette information est utile à tout investisseur pour avoir des références sur la stratégie poursuivie, les moyens mis en œuvre et les acteurs impliqués. À bien regarder les tendances de l’économie globale avec les mouvements de délocalisation mais, aussi, de relocalisation des entreprises, les coûts des facteurs (travail et capital) ne sont plus les seuls déterminants pour l’orientation des IDE. Des facteurs beaucoup plus structurants conditionnent aujourd’hui cette mobilité, voilà pourquoi il est nécessaire d’avoir une approche globale sur ce marché. C’est, finalement, cette combinaison de plusieurs facteurs qui permettra d’attirer dans le temps des IDE au nombre desquels figurent une gestion macroéconomique saine, un investissement conséquent dans les infrastructures du pays, la mobilisation de l’État en termes d’accès aux services publics (eau, électricité, logement, éducation, santé ou transport) sans oublier le rayonnement du pays à l’étranger.Pour ce qui est des infrastructures, par exemple, le récent accord avec la Chine, via la mobilisation de son secteur financier, est à saluer tant que les infrastructures, avec leur capacité réelle de réduction des coûts d’investissements, jouent un rôle majeur dans l’attrait des IDE.

    Alentours de Conakry, Guinée. Photo: Alejandro Dorado Nájera.

    Cet accord (portant sur 20 milliards de dollars US sur 20 ans) a l’avantage de faire des infrastructures du pays, un axe majeur d’investissement de l’État pour les prochaines décennies avec un dispositif financier clairement établi. Cela est extrêmement important car donne de la visibilité dans un domaine si particulier pour le développement économique de la Guinée. Les entreprises viendront et s’installeront si les réseaux (eau, électricité, téléphone, transport, routes…) fonctionneront dans un pays avec services publics accessibles et performants capables de fournir, entre autres, une main d’œuvre éduquée et en bonne santé, sans oublier la capacité desdits services à apaiser le climat social. L’accès aux services publics de qualité permet d’améliorer constamment la productivité du travailleur guinéen, renforçant ainsi sa capacité à s’insérer dans la dynamique économique à travers l’entreprenariat, l’emploi ou, encore, la compréhension et l’adhésion aux initiatives de l’État et de ses partenaires. Ces deux éléments (infrastructures et services publics) conduisent à l’attractivité des territoires à l’échelle nationale, mobilisent les citoyens et ouvrent d’énormes perspectives à l’économie nationale. Il est évident que le seul Code des investissements, aussi attractif soit-il, ne peut garantir des IDE à un pays et un l’État guinéen qui ne peut indéfiniment baisser des impôts et/ou accorder des avantages fiscaux aux investisseurs en égard à ses propres charges croissantes dans un contexte où les populations sont de plus en plus exigeantes en termes de services.

    C’est la raison pour laquelle, il est important d’amplifier la dynamique actuelle tout en la diversifiant, en jouant cette combinaison de facteurs pour optimiser les gains sur le marché des IDE. Aller dans ce sens permet de diversifier les secteurs, de calibrer les projets,  d’élargir les canaux de transmission des IDE et de mobiliser l’État et les populations dans cet objectif. Un travail important est en cours dans ce sens, l’en témoigne la liste de la cinquantaine de projets présentés récemment à Paris les 16 et 17 novembre 2017 par le Groupe consultatif Guinée avec, pour résultats, plus de 20 milliards de dollars US d’engagements financiers. Plus globalement, dans le domaine des IDE, il ne devrait exister que des retours d’expériences, pas de schémas préétablis permettant aux États, et à la Guinée singulièrement, de se forger une stratégie en fonction de ses réalités, ressources et besoins. Comme on le dit souvent, dans un marché concurrentiel, il est toujours important d’avoir une longueur d’avance, de disposer de « billes » de réserve d’où la nécessité de diversifier son approche de conquête des IDE, qui ne cherchent finalement qu’un environnement sécurisé et porteur d’espoir de retours sur investissement.

    Îles de Loos, Conakry, Guinée. Photo: Alejandro Dorado Nájera.

    Attirer des IDE reste un enjeu majeur pour l’économie guinéenne tant le potentiel est énorme. Il s’agit là d’une véritable problématique de développement national tant les ressources financières et l’expertise sont indispensables dans la valorisation d’une ressource économique. Diversifier la stratégie passe aussi par la mobilisation de l’ensemble des acteurs publics et privés nationaux en faisant du dialogue État-secteur privé-collectivités locales un vrai crédo et une exigence en termes de gouvernance publique. Il serait intéressant qu’à chaque rendez-vous économique où la Guinée soit présente pour promouvoir sa stratégie de développement, que les collectivités locales soient mobilisées (et représentées), car les investissements (IDE et autres) qui en sortiront se feront sur des espaces locaux que ces dernières administrent et sont en charge de promouvoir. Cela est important dans une logique de mobilisation de toutes les forces du pays pour que les enjeux, la démarche et les résultats soient le mieux appropriés.

    C’est aussi à ces conditions que la démarche globale envisagée par l’État sera davantage légitime et crédible et pourrait se révéler fructueuse sur le marché des IDE.

    Agir ainsi permet à chaque acteur de prendre pleinement conscience des enjeux de l’attrait des IDE pour la valorisation du potentiel économique guinéen et les perspectives de développement du pays. Car le développement est une affaire de collectif et de synergie d’action autour de la révélation et de la valorisation de ressources partagées et les IDE ne constituent finalement qu’un facteur pouvant contribuer à cet objectif, même s’ils sont devenus aujourd’hui décisifs pour un pays comme la Guinée.

    Par Boubacar Sidighi Diallo,
    Économiste, consultant en Coopération internationale et développement

  • Mathurin Bangoura, Gouverneur et Président du Conseil de la Ville de Conakry: «Les entreprises espagnoles inscrites dans les priorités nationales guinéennes sont les bienvenues»

    La Guinée c’est un pays avec un grand potentiel pour devenir une des économies majeures de la sous-région. Selon vous, quels sont les atouts et le potentiel inexploité que la République de Guinée a à offrir aux investisseurs internationaux et, notamment, espagnoles?

    La Guinée est un pays immensément riche avec des ressources naturelles, minières, touristiques et halieutiques importantes. La Guinée a les deuxièmes réserves mondiales de bauxite, des gisements importants de fer et d’or mais aussi avec des besoins énormes en infrastructures (routes, ponts, édifices publics, voies ferrées…), en formation ou encore d’accès à la santé pour les populations. Ce sont des opportunités importantes pour le secteur privé et celui espagnole en particulier avec des savoir-faire en BTP, hôtellerie ou encore dans différents services. Aujourd’hui, il y a une volonté de l’État de valoriser le potentiel économique du pays au bénéfice des populations.  En plus de cette volonté, l’accompagnement des investisseurs est facilité par le cadre légal, la mobilisation des ministères techniques et de l’Agence de promotion des investissements privés (APIP)

    Suite à l’expression de la volonté ferme du Ministre des Affaires étrangères espagnol, M. Alfonso Dastis, de renforcer les liens avec les pays africains, matérialisé au prochain lancement d’un nouvel Plan Afrique, les entreprises espagnoles s’intéressent de plus en plus à l’Afrique. A votre avis, quel genre d’apport les investisseurs espagnols pourraient avoir dans le développement de la République de Guinée?

    Je laisserai le soin aux ministres concernés en charge des Affaires étrangères, du Plan, des Partenariats public-privé de vous fournir de larges informations sur les besoins de la Guinée en termes d’investissements étrangers. Néanmoins, pour avoir été ministre à plusieurs reprises, aujourd’hui Gouverneur et Président du Conseil de Ville de Conakry, je vous dirai simplement que la Guinée a besoin d’investissements étrangers tant les opportunités sont importantes pour la valorisation de son potentiel économique. Dans cet objectif, les entreprises espagnoles sont les bienvenues à condition, comme toutes les autres, de s’inscrire dans les priorités nationales guinéennes, de travailler pour des partenariats gagnant-gagnant, mais aussi de procéder à des transferts de techniques et de technologies par le biais notamment de la formation et du renforcement des capacités locales

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    Mathurin Bangoura, à droite, Gouverneur et Président du Conseil de la Ville de Conakry.

    Sous la présidence de Son Excellence le Professeur Alpha Condé le pays a fait de grands progrès au niveau de la démocratisation et de la stabilité, ce que favorise et encourage investissements étrangers. Quels sont les plans de la ville de Conakry, sous votre leadership, pour profiter au maximum de cette étape inaugurée par la présidence de Alpha Condé?

    Que le pays se porte mieux, il est évident que c’est une bonne nouvelle pour toutes les institutions publiques et privées mobilisées pour son développement dont le Gouvernorat de la Ville de Conakry. De par nos compétences décentralisées, la Ville de Conakry a son programme de développement pour rendre Conakry, plus sure, plus verte et plus saine. Tout cela se passe en cohérence avec les initiatives nationales. Nous échangeons régulièrement avec les autorités nationales pour trouver de la cohérence et de la synergie d’action. Ce n’est pas toujours simple, mais le Gouvernorat œuvre au quotidien, par exemple, pour que la paix règne dans la ville et, à chaque fois que nous recevons de potentiels partenaires de la Guinée, nous les accompagnons dans les limites de nos prérogatives et moyens. 

    Conakry est la capitale administrative et politique du pays. En 2018, l’agglomération, en croissance constante, compte près de 2 millions d’habitants, ce qui en fait la plus importante ville du pays. Parmi les défis à relever se trouvent, notamment, la salubrité, l’accès à l’eau et le transport. Quelles sont les principales avancées dans ces secteurs sous votre autorité ? Quelle est votre stratégie pour permettre à Conakry de rattraper le rythme global de développement urbain?

    Commençons par dire que la Ville de Conakry jouit d’un statut particulier dans le cadre des lois de la décentralisation en Guinée. En tant que Gouverneur et Président du Conseil de Ville, je suis à la fois représentant de l’État et des populations, c’est à dire, en charge de veiller sur la mise en œuvre des politiques publiques nationales mais aussi de répondre aux préoccupations de proximité des populations. La ville a, dans le cadre de l’exercice de ses compétences décentralisées, des responsabilités locales et, à ce titre, développe un programme d’activités où les questions de salubrité, de transport, de sécurité de proximité, d’accès à divers services publics figurent en bonne place. 

    La circulation est beaucoup plus fluide à Conakry, des espaces aménagés fleurissent, il y a un corps de garde communale fonctionnelle et diverses infrastructures publiques construites (commissariat, bâtiments administratifs…). Ces différentes actions font partie d’une stratégie globale qui commence par la définition d’un programme d’actions validé et la mobilisation des partenaires de la ville (entreprises, institutions publiques, ONG…). Nous travaillons beaucoup en partenariats publics – privés et améliorons notre système de fonctionnement pour mobiliser davantage de recettes pour faire face à nos charges en constante évolution. Nous initions aussi des initiatives, et le projet « Conakry Ville Lumière » est illustratif à cet effet avec l’illumination, l’embellissement et l’organisation de différentes activités récréatives à la fin de chaque année à Conakry. Nous accompagnons aussi l’État dans différents projets d’aménagement urbain  comme le réaménagement de la commune de Kaloum et des Îles de Loos ou, encore, de « Conakry Vision 2040 ».

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    Projet « Conakry Ville Lumière ».

    Conakry capitale mondiale du livre 2017, événement organisé par l’UNESCO, contribue à améliorer l’image du pays à l’international et à disséminer les activités culturelles en Guinée, permettant aussi de montrer la riche culturelle de ce pays. La visibilité est vitale pour placer sur la carte les villes et les pays et, ainsi, attirer des investisseurs et autres visiteurs. Quel est le bilan pour la ville de Conakry de cet événement international ? 

    Il est vraiment très tôt pour parler de bilan de cet évènement mondial qui est annuel et en cours. Conakry capitale mondiale du livre, s’organise du 23 avril 2017 au 22 avril 2018. Des activités sont en cours avec la construction de points de lecture, la réception de multiples délégations étrangères (diplomates, hommes de lettres et de cultures, citoyens engagés…), la sortie d’ouvrages d’auteurs guinéens et d’ailleurs, et la mise en œuvre de projets portés par différentes structures associatives, notamment de jeunes. Conakry a déjà gagné car, pour la première fois, ce label est décerné à une ville francophone d’Afrique avec toutes les opportunités offertes pour parler de Conakry et de la Guinée. Je voudrais vraiment remercier tous ceux qui sont impliqués dans cette aventure, notamment le Commissariat Général, et nous donnons rendez-vous à votre journal dans quelques mois pour le bilan. Pour rappel, la prochaine ville à bénéficier du label pour 2018 est Athènes, en Grèce. 

    M. Bangoura, Gouverneur aujourd’hui, vous avez été en charge de plusieurs départements ministériels (Transport, Habitat, Télécommunications). Quelles sont vos principales réussites et quels éléments vous ont-il permis de vous imposer en leader ? 

    Disons que l’action publique demeure toujours très complexe tant la réussite dépend de multiples facteurs. Comme acquis, on peut citer l’interconnexion entre opérateurs de téléphonie, la réalisation de la Cité de Sans-fil, la mise en circulation du train de passagers à Conakry, la contribution à la mise en place de plusieurs structures de l’État, dont l’Agence de régulation des postes et télécommunications (ARPT), la construction du bloc administratif et l’aménagement de la cour du Ministère des Transports… Ces sont quelques unes des actions qui ont permis de marquer mon passage dans ces différents ministères. Je cois au travail bien fait et je vais toujours au contact des réalités du terrain pour m’enquérir au mieux des difficultés, pour aller vers des approches de solutions les plus innovantes possibles. 

    eBiz Africa Review est un lien entre le continent africain et l’Europe qui permet de transmettre une information de première main aux investisseurs et visiteurs, particulièrement hispanophones. Quel message final voulez-vous leur adresser sur la Guinée et sur la ville de Conakry afin de les encourager à venir faire des affaires et investir ici ?

    La Guinée est un pays qui a fort potentiel et qui a entrepris d’importantes réformes pour améliorer le cadre des investissements, avec la création d’un Ministère en charge des Partenariats public-privés et une Agence de promotion des investissements privés (APIP). Notre pays a besoin des IDE (investissements directs étrangères) pour valoriser ses ressources au service du développement et les entreprises espagnoles (et au-delà, hispaniques) ont toute leur place dans cette voie que la Guinée s’est tracée à travers la mise en œuvre de son Plan national de développement économique et social. C’est ce message d’espoir et d’ouverture aux investisseurs hispaniques que je lance aujourd’hui tout en réitérant la disponibilité de l’État, des collectivités locales et du secteur privé guinéen à jouer son rôle dans le développement d’opportunités en Guinée.  

    Par Alejandro Dorado Nájera et Izabella Jaworska.

  • Le groupe Carré d’Or, histoire d’un acteur industriel incontournable de la Côte d’Ivoire

    Tout commence avec l’arrivée en Côte d’Ivoire du grand frère de la famille Ibrahim Ezzedine, venu du Liban pour travailler chez des oncles déjà installés depuis les années 60. Petit à petit il  démarre sa petite boutique devenue aujourd’hui le premier groupe industriel du pays, employant entre 7 000 et 7 500 personnes.

    Il opère alors dans la vente en gros à Treinchville. A une époque où les français dominent le marché, les Ezzedine deviennent les premiers libanais à importer des marchandises en Côte d’Ivoire ; principalement de la tomate concentrée, des piles électriques, des pâtes alimentaires, du lait en poudre et du lait liquide.
    Le petit frère d’Ibrahim, et PDG actuel du groupe Carré d’Or, Zouheir Ezzedine,  arrive en 1993. Son aîné en profite pour se lancer dans la diversification des activités du groupe.
    C’est dans cette optique qu’ils créent la société SAS Transit en 1995, pour gérer les sorties de containers du port. Elle devient rapidement le plus grand importateur du pays, distribuant les produits Nestlé et Grands Moulins.
    Trois ans plus tard, le groupe lance CAPRACI (Compagnie africaine de produits alimentaires en Côte d’Ivoire), la seule usine de pâtes alimentaires en Côte d’Ivoire, avec une capacité de production de 350 tonnes par jour. Le groupe demeure un des seuls producteurs à ce jour et pense même à ajouter une nouvelle ligne de production pour augmenter son débit de 100 tonnes par jour – un projet qui verra le jour en 2018. Aujourd’hui, ses produits sont exportés au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Libéria, Sénégal et Ghana.

    Après la libéralisation du marché, le groupe se lance dans l’importation de riz en 2000 ; une initiative qui sera, elle aussi, couronnée de succès. Grâce à un partenariat avec la société Louis Dreyfus, le groupe devient, en seulement trois ans, le premier importateur de riz en Côte d’Ivoire.
    En 2005, le groupe lance CIPREMCI (Compagnie ivoirienne de production d’eau minérale en Côte d’Ivoire) à Bonoua, qui produit l’eau minérale Céleste à partir d’une source naturelle forée dans les profondeurs du pays Abouré. Suite à des investissements importants en 2007 et le renouvellement des lignes de production, la société devient le deuxième producteur d’eau minérale du pays.

    En 2006 et 2007, le groupe lance le projet des Moulins Modernes de Côte d’Ivoire, avec une capacité d’écrasement de 1 000 tonnes de blé par jour, avec deux lignes, une pour la farine tandis que l’autre mélange farine et semoule. Ils démarrent la production en Mai 2009, mais confrontés à la société des Grands Moulins d’Abidjan, il est impossible de pénétrer le marché avant de conclure un accord avec la société Abidjanaise. Aujourd’hui MMCI est le deuxième distributeur et prévoit une extension de 600 tonnes d’écrasement par jour pour arriver à 1 600 tonnes par jour. La société dispose d’une capacité de stockage de 48 000 tonnes de blé qui va atteindre les 60 000 tonnes avec l’extension.

    En 2010, le groupe rachète la société d’imprimerie et cartonnerie du Groupe Omaïs ainsi que deux autres usines qu’il fait fusionner, et se positionne ainsi comme le premier producteur de cartons de la Côte d’Ivoire.
    Le groupe démarre en 2013 un projet de production de tomates concentrées, ketchup et des conserves de petits pois qui voit le jour  début 2017.
    La même année, la société FLEPACI est créée et se  spécialise dans l’emballage cellophane. La diversification des activités du groupe les emmène à créer la société de construction immobilière SIREMA. Le groupe possède aussi des unités d’ensachage de riz (petit emballage), de lait en poudre (marque Laity), et de café (marque Olinda). Ils sont le premier importateur de lait en poudre en Côte d’Ivoire. Grâce à des opérations de rachat stratégique comme l’acquisition de la société Afribache, le groupe maîtrise la chaîne de production de A à Z de la fabrication à la vente en passant par l’emballage.

    Zouheir Ezzedine, aujourd’hui PDG du groupe, a une vision sans limites et continue d’investir et d’étendre les activités du groupe. Il prévoit la production de boissons et de jus dans un futur proche, ainsi que des produits agricoles (café, cacao, anacarde). Il reconnait le fort potentiel agricole de la Côte d’Ivoire et invite le gouvernement à encourager de plus en plus d’entrepreneurs vers ce secteur qui selon lui représente l’avenir. M. Ezzedine est un homme d’affaires exigeant avec lui-même et mais aussi envers les autorités locales dont il réclame plus d’actions car les « les coûts de production de l’électricité, des produits pétroliers et gaziers sont chers, et la main d’œuvre rare ».

    Le groupe Carré d’Or ce n’est pas seulement les affaires, mais aussi la responsabilité sociale. Il contribue activement au développement socioéconomique du pays en construisant des écoles dans les différentes régions du pays. Il a même construit aussi un nouvel hôpital aux normes européennes, « la clinique Farah » à Marcory qui dispose de 100 lits.

    L’aventure familiale n’est pas prête de s’arrêter avec l’arrivée récente des neveux fraîchement diplômés qui viennent renforcer les équipes de management pour satisfaire la vision innovatrice de Zouheir Ezzedine.

  • Le riz, pièce maitresse de l’autosuffisance alimentaire ivoirienne

    Le riz (Oryza sativa) est une plante essentielle pour l’être humain. Comme le signifie la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les céréales représentent l’une des plus grandes industries agroalimentaires du monde. L’organisation estime qu’en 2017 la production s’élevait autour des 754,6 millions de tonnes (500,8 millions de tonnes de riz élaboré, contre 450 millions en 2010).

    L’Afrique génère des attentes positives en termes de production de riz, dépassant en 2017 le record de production de 2016 d’1% pour atteindre les 31,1 millions de tonnes. L’Afrique de l’Ouest, est intéressante à étudier pour le secteur car les pluies abondantes ont permis aux producteurs l’expansion des plantations, notamment grâce à des programmes d’aide gouvernementale et aux prix rentables et attrayants.

    Le riz est le principal aliment de base dans dix-sept pays d’Asie et du pacifique, dans neuf pays en Amérique et huit pays Africains, et fournit 20% de l’approvisionnement énergétique mondial contre 19% de blé et 5% de maïs. Sur l’ensemble du continent Africain, ce montant n’atteint pas 10% bien que des pays comme Madagascar avec près de 50% des calories apportées par cette céréale, ou la Côte d’Ivoire autour des 35%, se démarquent au-dessus de la moyenne mondiale.

    Avec ces fortes consommations, l’investissement dans la production et l’augmentation de la productivité ainsi que la régulation du marché du riz semblent nécessaires pour le continent. Dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire, c’est l’ONDR (Office nationale du véveloppement de la riziculture), une entité publique qui est chargée de soutenir les acteurs impliqués de façon directe ou indirecte dans ce secteur et de créer les conditions durables pour son développement en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

    L’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018

    Selon Mr. Yacouba Dembélé, Directeur Général de l’ONDR, le riz est l’épine dorsale de son pays, non seulement d’un point de vue économique mais aussi social : « Le développement dans ce secteur n’est pas une question de production, sinon de souveraineté. La pénurie de production de riz a un impact sur plusieurs activités économiques accessoires, sur l’emploi, et peut générer de nombreux problèmes sociaux ». La Côte d’Ivoire ne produit pas autant de riz qu’elle en consomme. « Le pays produit actuellement 1 400 000 tonnes de riz par an mais en consomme 1 800 000 », ce que pour le Gouvernement du Président Alassane Ouattara et pour l’ONDR est un problème qu’il faut remédier.

    La situation antérieure avant que l’ONDR initie son plan à deux phases pour garantir la sécurité alimentaire dans le secteur du riz était très différente. Selon M. Dembelé, « auparavant, les moyens de transformation étaient très précaires et le manque de capacité à absorber la production décourageait les producteurs. Nous avons commencé par installer cent points de transformation et nous sommes passés de 300 à 10 000 kg de riz par jour en matière de production ». Dans cette première phase de sa stratégie, l’ONDR veut atteindre l’autosuffisance et que la production soit capable de satisfaire la demande nationale, un objectif en passe d’être atteint début 2018 avec la construction des 30 nouvelles usines de transformation, d’une une capacité de 25000 kg par jour. « Depuis que nous avons mis en place ces usines, nous avons doublé la production dans certaines régions parce que les agriculteurs ont la garantie que leurs productions seront absorbées et qu’ils verront leurs efforts et leur travail récompensés » ajoute M. Dembélé.

    En plus de l’augmentation de la capacité de transformation, le défi auquel fait face le secteur est l’adaptation au changement climatique. Et comme l’argumente le directeur général de l’ONDR : « la Côte d’Ivoire ne dispose que de 20% de riziculture irriguée. Les 70% sont des cultures pluviales, dépendant des pluies saisonnières, et 10% de plus par inondation. Pour Mr Dembélé, ces chiffres nous éclairent sur la vulnérabilité du secteur face à un régime pluviométrique changeant et imprévisible. Lorsqu’on lui demande des solutions il nous fait savoir qu’on « doit investir dans les infrastructures, les barrages, les canalisations et pour cela nous avons besoin de l’expertise de pays comme l’Espagne, leader dans les secteurs du riz, des infrastructures ou de l’ingénierie ». D’ailleurs des entreprises espagnoles sont déjà intervenues dans les infrastructures hydrauliques en Côte d’Ivoire qui sont bien loin de leur potentiel.

    La mécanisation est un autre défi de l’ONDR pour lequel a été mis en place un centre de mécanisation pour réduire les coûts et mettre à disposition des producteurs des machines accessibles et de qualité, ainsi que d’autres produits tels que des semences et des fertilisants pour augmenter la production.

    La deuxième étape de la stratégie de l’ONDR est le stockage. L’office est en pourparlers avec l’Inde pour une collaboration dans un projet visant à augmenter le nombre de silos en Côte d’Ivoire pour accumuler plus de céréales, garantir l’approvisionnement et pouvoir réagir face aux catastrophes ou calamités. En outre, selon M. Dembélé l’ONDR pourrait avoir de l’influence sur l’offre du riz et sur son prix, cet objectif sera une réalité en 2018.

    L’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne

    Avec la structure de production actuelle, réaliser les deux récoltes annuelles souhaitées par l’ONDR serait irréalisable et la Côte d’Ivoire devrait se contenter de la seule récolte annuelle actuelle, sous réserve des conditions climatiques qui mettent en péril la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays.

    Pour éviter cela, l’ONDR se concentre sur l’investissement dans l’irrigation et les infrastructures hydrauliques, et considère l’Espagne comme un exemple à suivre et un futur partenaire. Yacouba Dembelé n’hésite pas à nommer un projet de la FAO, financé par l’Espagne, où des synergies ont été créées entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs – des acteurs qui, jusqu’à présent, vivaient sans échanger d’information – permettant d’accroître la production dans certaines régions à plus de 700%. Ce projet constitue une bonne pratique qui est reproduite dans la région.

    Mais pour Yacouba Dembelé, l’Espagne doit jouer un rôle plus actif dans le développement de l’industrie rizicole ivoirienne, “elle doit profiter de son expérience et ne pas laisser passer les opportunités, à la fois dans l’acquisition de machines et dans la transformation ou la construction d’infrastructures qui se réalisent en Côte d’Ivoire. Et conclut: «C’est le moment».

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

     

  • Ivoryblue, le premier café express 100 pour 100 ivoirien

    Felix Houphouët-Boigny est connu pour être le père de l’indépendance ivoirienne et le premier président du pays, de 1960 jusqu’à sa mort en 1993. Parmi son héritage, peut-être l’une des facettes moins connues est son engagement au développement agronomique, en particulier dans le secteur du café, à travers le CNRA (Centre national de recherche agricole) à laquelle nous devons la variété de café arabusta (Coffea ×arabusta). Cet hybride possède les propriétés gustatives et aromatiques du café arabica (Coffea arabica, originaire d’Afrique centrale) et la force de la robusta (Coffea canephora, originaire d’Ethiopie).

    La variété ivoirienne, très appréciée et se vendant mieux que ses ancêtres, pousse exclusivement dans des milieux ensoleillés entre 400 et 500 mètres de haut dans les montagnes de l’ouest du pays, sur les pentes du mont Nimba, aux alentours de la ville de Man. C’est là qu’André Braud-Mensah, ingénieur télécom et passionné par le monde du café, s’est rendu il y a deux ans pour étudier les possibilités de cette variété, destinée jusqu’alors à l’exportation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord sans être ni transformée ni valorisée en Côte d’Ivoire. C’est de là qu’est née l’idée de créer Ivoryblue Café.

    Ivoryblue est la marque avec laquelle André Braud-Mensah veut partager le café arabusta fabriqué en Côte d’Ivoire avec le reste du monde. Pour cela, l’entrepreneur ivoirien a investi dans la construction d’une usine à 30 km d’Abidjan (capitale économique de la Côte d’Ivoire et principal port du pays), où il torréfie, broie et encapsule les céréales.

    « Pour le moment, nous satisfaisons la demande locale. La classe moyenne émergente ivoirienne est notre objectif principal », remarque André Braud-Mensah.

    Malgré la baisse de la récolte de café ces dernières années, une baisse qui s’est amortie cette dernière campagne, la Côte d’Ivoire est le treizième producteur mondial et le troisième producteur africain de la campagne 2016/2017 avec quelques 120 000 tonnes par an, contre 228 000 tonnes en Ouganda et 396 000 tonnes en Éthiopie. Seulement 4 000 tonnes de cette récolte sont consommés en Côte d’Ivoire et l’objectif de la marque gourmande est de satisfaire 10% de la consommation nationale : « Contre les 300 tonnes produites aujourd’hui, nous comptons atteindre 400 tonnes à court terme », prévoit-il.

    Sa stratégie pour aboutir à cela est d’augmenter la qualité de la matière première, la durabilité de sa culture écologique et l’engagement avec la production locale autour d’un produit. Leur café, le seul en Côte d’Ivoire présenté sous forme de capsules compatibles avec les machines Nespresso, la fameuse marque de la multinationale Nestlé, est également offert dans différentes variétés adaptées en fonction du client à un prix plus abordable grâce au processus de fabrication des conteneurs.

    A moyen terme, André Braud-Mensah prévoit d’étendre les zones d’origine de son café pour couvrir les six régions caféières du pays, toujours fidèle à son schéma de production.

    Pour lui, il est essentiel d’être en contact avec le producteur local, d’en faire un acteur clé du processus et qu’il puisse bénéficier équitablement de cette industrie. Ses fournisseurs sont des coopératives locales, principalement composées de femmes et des jeunes, à qui, en plus, il transfère la technologie nécessaire pour que la collecte et la transformation in situ préservent les qualités du grain. Sa culture est effectuée de manière écologique, en évitant autant que possible l’utilisation de produits chimiques, une philosophie également maintenue dans le processus de transformation du précieux fruit.

    Mais, comment se faire connaître dans un marché dominé par les multinationales? Ivoryblue veut être vu dans le centre des grandes villes, dans les zones fréquentées par la classe moyenne supérieure, sa niche principale. C’est pourquoi la jeune marque a ouvert en 2016 son premier magasin gourmet sur le Plateau, le quartier financier d’Abidjan.

    « Nous allons commencer un plan d’expansion internationale à partir de 2018, année où nous prévoyons de nous étendre à Dakar, Montréal, Londres et Shanghai, dans cet ordre », explique M. Braud-Mensah. Pour cela, la marque a déjà effectué des tests pour s’adapter aux particularités de chaque marché, aussi bien dans la sous-région qu’en Europe du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord ou en Asie. De plus, grâce à sa boutique en ligne, les produits sont accessibles à tous, avec un service de livraison à domicile qui sera étendu à mesure que de nouveaux marchés seront ajoutés.

    Ivoryblue ne vend pas seulement du café gourmet, mais aussi ses propres machines à café, fabriquées avec un partenaire italien, des biscuits à base de café ou des cosmétiques à base de sous-produits du café. En outre, il ne pouvait pas manquer de produire du chocolat, la Côte d’Ivoire étant le premier producteur mondial de cacao, avec 30% de la production du globe.

    Interrogé sur le plus grand défi futur pour l’expansion d’Ivoryblue, André Braud-Mensah répond sans hésiter que « le financement est peu accessible pour les entrepreneurs en Côte d’Ivoire » mais il reste confiant. Conscient de la qualité de son produit et des bons résultats de sa formule, André Braud-Mensah veut partager sa passion au-delà des frontières et trouver des partenaires qui souhaitent, comme lui, parier sur ce produit : un café artisanal, respectueux de l’environnement, engagé socialement et 100% ivoirien.

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex

     

  • Anacarde et coton, parmi les piliers économiques ivoiriennes

    Le Conseil du coton et de l’anacarde de Côte d’Ivoire cherche à attirer les investissements étrangers dans un marché plein d’opportunités.

    L’anacarde, il n’y a pas longtemps était un fruit méconnu en Espagne et s’est converti en mine d’or : la plus convoitée des batailles que se livrent les  consommateurs chaque soir dans les bars autour des bols populaires de fruits secs.

    Nous en consommons sans nous demander à peine ce que c’est où  son origine; sans savoir qu’ en moyenne ,  une anacarde sur quatre que nous avons dans nos bols vient de Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de ce fruit tant apprécié.

    L’anacarde, également appelé cajou (Anacardium occidentale), est arrivé par hasard dans ce pays d’Afrique de l’Ouest: il fut introduit depuis le nord-est brésilien, endroit qui marque son origine, comme moyen de lutte  contre la désertification de par ses propriétés  de croissance dans les climats arides et sur les sols relativement pauvres — comme ceux des zones de savane ou savane arborée du centre  et du nord de la Côte d’Ivoire. Ses propriétés servent de compléments alimentaires pour les communautés locales.

    Bien qu’il soit cultivé et commercialisé depuis trente ans, ce fût qu’à partir de l’année 2013 que cette matière première commençait à prendre du muscle dans le pays, étant aujourd’hui le troisième produit le plus exporté, après le cacao et les dérivés du pétrole.

     

    Côte d’Ivoire est premier producteur mondial de ce fruit tant apprécié

     

    D’une manière schématique, l’économie ivoirienne, et surtout celle des communautés rurales, pivote autour de quatre cultures: le cacao et le café — pour le sud du pays, l’anacarde et le coton — pour le centre et le nord. Pour améliorer les conditions de vie des producteurs  et augmenter le rendement des autres maillons de la chaine de production — acheteurs, exportateurs et transformateurs — il existe en Côte d’Ivoire deux conseils régulateurs: le Conseil du coton – anacarde et le Conseil du café – cacao.

    Comme nous l’explique M. Adama Coulibaly, Directeur Général du Conseil de l’anacarde et du coton: « avec la réforme du secteur entreprise en 2013 par l’actuel président Alassane Ouattara [au pouvoir depuis 2011], on a fait un pas de l’écologie à l’économie ; en 2013 la Côte d’Ivoire produisait 480 000 tonnes d’anacardes et en 2015 nous avons 715 000».

    Quel est le secret de cette augmentation spectaculaire  de production? Adama Coulibaly n’a pas de doute: « La fixation d’un prix minimum, à partir duquel l’on laisse agir la force de l’offre et de la demande pour arriver au prix final qui se paie au producteur, a provoqué que le cajou soit considéré actuellement par les communautés locales comme une bonne manière de gagner sa vie ». Il ajoute : «  cette augmentation de la production n’est pas due à la création de nouvelles plantations, mais à la récolte des productions qui auparavant restaient dans les champs du fait du bas rendement et qui acquissent de la valeur de nos jours ». Pour M. Coulibaly, cette fixation des prix fonctionne pour l’anacarde mais n’est pas forcément la formule qui fonctionnerait pour le cacao « dans lequel fonctionne un système de prix flottant combiné à un fond de compensation avec lequel le producteur est indemnisé lorsque les prix internationaux sont trop bas ».

    M. Adama Coulibaly, Directeur Général du Conseil de l’anacarde et du coton.

    Le secteur à cependant un grand défi à relever: celui de la transformation du produit. Actuellement le pays possède une capacité de transformation d’1/7 de sa production. En plus, les unités de transformation ivoiriennes fonctionnent uniquement à 40%  de sa capacité; ce qui signifie que seulement 40 000 tonnes d’anacarde sont transformées en Côte d’ivoire sur les plus de 700 000 tonnes  produites dans le pays. « Le reste s’exporte en brute, spécialement en Asie, et arrive sur les tables européennes et américaines sans traçabilité: on a perdu le Made in Côte d’Ivoire », renchérit Coulibaly. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a mis en place une politique pour attirer les investisseurs dans le but d’augmenter la capacité de transformer sur place les 30% de l’anacarde d’ici 2020. Exemptions de taxes à l’exportation, primes d’investissement, établissement de zones industrielles à Bouaké, Korhogo, Bondoukou et Séguéla ; tout est mis en place pour recevoir des investissements étrangers parmi lesquels, M. Coulibaly souligne le savoir faire espagnol par son expérience de pointe dans l’industrie agroalimentaire.

    Mais le cajou n’est pas seulement précieux pour sa noix. Comme cela s’est démontré au cours de la dernière édition du SIETTA (Salon international des équipements et des technologies de transformation de l’anacarde), qui a lieu à Abidjan, le fruit peut s’utiliser pour en faire du jus, de la pâtisserie, des aliments pour les animaux, de la biomasse, des produits cosmétiques et même du bioplastique. En plus un sous-produit de sa coquille, le CNSL (Cashew Nut Shell Liquid) est utilisé en aéronautique comme liquide de frein pour les avions. Avec un oeil sur la prochaine édition du SIETTA 2018, Adama Coulibaly entrevoit présenter toutes les possibilités qu’offre le cajou pour attirer les investisseurs en Côte d’Ivoire et transformer cette rencontre en une référence mondiale d’innovation agroalimentaire.

    Le coton (Gossypium sp.) est le bien qui accompagne l’anacarde dans la gestion du Conseil. Le secteur ne connaît pas le même essor que le cajou, avec une baisse de la production en 2016/2017 qui a engendré une récolte de 321 000 tonnes de coton brut, après les résultats record de la campagne 2014/15 (450 000 tonnes). Cette baisse dans la production cotonnière a relégué la Côte d’Ivoire à la quatrième place après le Burkina Faso (683 000 tonnes) le Mali (645 000), et le Bénin (380 000 tonnes). Adama Coulibaly se montre cependant très optimiste dans l’évaluation du secteur: « Bientôt la réforme de 2016, qui réordonne le marché et protège l’agriculteur rendent difficile les mauvaises pratiques, commencera à porter leurs fruits et nous allons récupérer du muscle dans la production».

     

    Le plus grand défi pour le secteur du coton, similaire à celui de l’anacarde, et donc le manque de capacité de transformation

     

    Le plus grand défi, similaire à celui de l’anacarde, et donc le manque de capacité de transformation. La séparation de la fibre et de la graine se fait dans le pays. La graine reste et se transforme en huile, en savon, en produits de pâtisserie et en aliments pour animaux en son quasi totalité en Côte d’ Ivoire. Mais la fibre va loin du pays, exportée en Asie dans des pays comme les Philippines, la Chine ou le Vietnam, dans des centres de confection. Seulement 20 000 des 130 à 150 000 tonnes de coton extraites dans le pays sont transformées en Côte d’Ivoire, représentant une opportunité perdue pour un pays qui tente d’attirer l’investissement pour ajouter de la valeur à la chaîne de production nationale.

    En vue d’attirer l’attention de la communauté d’investisseurs internationaux sur ces opportunités dans l’industrie transformatrice ivoirienne de l’anacarde et du coton, Adama Coulibaly possède deux outils principaux:

    D’une part  l’organisation de foires et d’évènements internationaux car, en 2018, la Côte d’Ivoire va abriter, en plus du SIETTA 2018, la deuxième assemblée de l’Alliance Africaine pour l’anacarde (ACA) ou la 77e réunion du Comité consultatif international du coton (ICAC) — siégé à Washington D.C., aux Etats Unis, un évènement de le plus haut niveau qui atteindra plus de 500 acteurs du marché cotonnier des pays producteurs, transformateurs et consommateurs.

     

    D’autre part, et pour le cas spécifique de l’anacarde, les pays producteurs de ce fruit ont à leur actif un nouvel instrument d’influence: le CICC — Conseil consultatif international de l’anacarde. C’est une organisation internationale créée en 2016 et qui veille au bon fonctionnement de ce marché global d’une importance vitale pour les pays producteurs, conçu dans un parallélisme de forme avec l’ICAC pour le coton et avec l’Organisation internationale du cacao (ICCO), ramenée en 2017 de Londres à Abidjan où se trouve son nouveau siège. Avec neuf États membres — le Sénégal, la Guinée Bissau, la République de Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Benin — et les portes ouvertes à des pays producteurs, transformateurs et consommateurs, cette organisation est appelée à dynamiser ce marché du future auquel nous devons rester attentifs.

     

    Par Alejandro Dorado Nájera. @DoradoAlex